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Le long d’un amour

 Après les Noces Vives de Jean Bastaire, pour qui la mort de la femme aimée ne clôture pas l’amour mais au contraire l’accomplit, les éditions Arfuyen publient un nouveau livre d’amour qui vit déjà ici son éternité, d’amour qui fait chanter l’âme – c’est l’air de l’enfance – Lorsque l’autre la touche, la chair devient durable. "Aimer c’est dire" / "Tu ne mourras pas !" "Nous voici ailés / Nous voici anges".
 Un visage, un regard, une voix, un geste contient l’univers, le mystère de la vie, la source de la beauté. L’unique est le tout. Le lointain est à portée de main, absence-présence.
L’instant est le raccourci du temps. Le tout petit révèle l’infinimept erand. le fini sa divine part d’infini. Le cri se tait pour rejoindre le silence, lieu de la promesse tenue "Nul sang n’est perdu nulle chair vaine".
 Le mouvement d’amour – mouvement de marées et d’appels-échos, des sources de nuages et d’averses, de départ et de retour – s’inscrit dans l’harmonie universelle. dans le bon ordre du rythme initial. "Une brise mêle nos voix / aux cris intermittents / des grillons". Le secret passe par le Souffle.
 L’amour est naissance, renaissance, miracle toujours renouvelé du matin qui ramène le jour. I1 est don. comme l’univers est don. "Le vert de la montagne / Te présente en bon hôte / les cailloux tombés du soleil moisi soudain éclos / en jade,. émeraudes...". La promesse est transmuée en offrande – "sachani que tout est donnée dès ici." Il faut dès lors s’abandonner à ce don, être accueil. L’attente est patience lumineu>e, main tendue \ ers l’instant unique, paume ouverte. 
 Les questions de la nostalgie "pourquoi ce visage" "La sente sinueuse / .. Pourquoi l’avons-nousous choisie", "En un, / Renaîtrons-nous", perdurent , mais sans inquiétude.
 Pour un tel amour, "l’éternité n’est pas trop". Maintenant, l’eau coule dans les veines, chante en cascades, le feu lance sa flamme vers le haut, l’arbre enfonce ses racines dans la terre et s’approche des nuages. L’état de demain rejoindra l’état d’origine, réalisant la fusion des "dix mille choses" de la tradition taoïste et surtout des êtres dans l’embrasement de l’Amour universel lors du retour à l’Un primordial, dont le cercle est la figure. Ce poème en sept mouvements – pure musique de la chair de l’âme – se place sous le signe du chiffre sept qui, en Chine, comme nombre impair, est associé au principe masculin yang (diurne et sec) et aussi au principe féminin yin (nocturne et humide) – puisqu’il représente également la succession des années de la vie chez une femme – ces deux énergies se retrouvant dans un éternel mouvement qui les fait sans fin échanger leurs places dans le ressac de la complémentarité essentielle de la lumière et des ténèbres, de la terre et du ciel.