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Le Livre des Amis de Dieu ou les Institutions divines

 L’ouvrage le plus célèbre de Jean Tauler (1300-1361), celui qui a connu un extraordinaire rayonnement et qui est considéré à juste titre comme la somme de la mystique rhénane, n’est pas en fait dû au seul disciple de Maître Eckhart mais à ceux qui, autour de lui, ont constitué le groupe des Amis de Dieu. 
 Si Tauler fut, en quelque sorte le maître d’œuvre de cet ensemble de textes, il n’en fut pas plus « l’éditeur » puisqu’ils ne furent recueillis et organisés que plus tard à la chartreuse de Cologne par d’autres Amis de Dieu : Nicolas Eschius, Pierre Canisius et Laurent Surius. C’est grâce à cette compilation (au sens le plus élevé du terme), que l’œuvre de Maître Eckhart – censurée par une bulle de Jean XXII, redécouverte partiellement au début du XIX° siècle et plus complètement au XX° - a pu exercer, malgré son interdiction, une influence aussi large au cours des siècles.
 La publication dans une traduction française de l’édition donnée en latin au XVI° siècle par Surius (Laurent Sauer, 1522-1578) est importante pour la compréhension non seulement de la mystique rhénane, mais aussi pour celle de l’influence qu’elle a eu sur la spiritualité des XVI° et XVII° siècles : ce recueil a influencé non seulement Thérèse d’Avila et Jean de la Croix mais aussi Angelus Silesius et Pierre de Bérulle et, au travers des écrits de ces derniers, la mystique germanique et l’École française de spiritualité, sans oublier Jean de Bernières et les solitaires de Port-Royal, constituant l’un des fondements sur lesquels s’est établie l’image de l’honnête homme du grand siècle des âmes, véritable écho à l’homme noble eckhartien.