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Le jour cède

 Dans cette merveilleuse collection des "Cahiers" dont la présentation déjà force le silence, Arfuyen, vient de publier Le jour cède de Bo Carpelan, traduit du suédois par Carl Gustaf Bjurström et Lucie Albertini.
 Un silence encore creusé par la poésie de Carpelan, qui nomme le soir et la nuit, l’homme, la femme, l’enfant et, alentour le jardin immobile, la guerre faisant rage au coeur de l’être, le vertige répété sous la morsure de la mort, le "tourment éternel de l’inquiétude" sous, forme de frémissement à la surface des choses, la douleur aiguë et soudaine au creux de la mémoire, l’étrangeté subite d’un élément pourtant de la vie de tous les jours, la dualité du réel voire sa défaillance, la solitude où surprend la peur, le vide tournoyant soudain s’étant sous l’apparence ouvert.
 Jusqu’à la "troisième naissance : le silence, arrière-cour le dimanche, irréelle, en attente, volute de fumée que personne n’a vue" ; cette mystérieuse pacification que l’écriture poétique peut avoir, par dépouillement, pouvoir de rendre à celui qui la pratique, l’"obscure merveille" du , poète Jean-Claude Renard.
 Bo Carpelan écrit : "Ne sais quel oiseau dans la fraîche broussaille du soir – un chant qui rappelle celui du merle mais avec plus d’allant, plus de nostalgie : écoute, j’ai plusieurs voix, toutes elles se fondent en une une voix qui s’élève comme le jour se lève, une voix qui baisse comme le soleil baisse, elle se confond avec les bois, les lueurs de la nuit : miroir de la baie, sombres rivages et un silence créé pour tous ces chants qui se fondent en un dans la fraîche broussaille, du soir" "Visse inte vilken fagel"...