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Le grand silence

Cet « oratorio », d’après le sous-titre du dernier recueil de Gérard Pfister, invoque, en neuf parties composées de brefs distiques, les morts et les mots : « mes morts / sont derrière moi // mes morts me portent ».

Une note de l’auteur vient s’ajouter à cette suite de distiques dépouillés, et l’on y trouve pour ainsi dire le manifeste poétique des vers qui précèdent : « C’est une répétition, et c’est un renouvel­lement incessant. La phrase se perd dans les variations innombrables et toujours renaît là où on ne l’attendait plus, dans d’autres timbres, d’autres couleurs, d’autres intensités. »

Les mots, « nés de rien », emportent le lecteur de ces « trois fois trois arias », variations qui donnent à lire toujours de nouvelles formes, des pas et sons inédits.

C’est le silence qui vient enfin clore ce riche chant aérien : «  une présence / si forte // que toutes choses / s’effacent // comme un unique / silence ».