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Le Grain de sénevé

 Un volume réduit (67 p.), plus dense toutefois que tant d’écrits prolixes, composé de deux pièces d’inégale longueur. D’abord un court poème en huit strophes en langue allemande, accompagné d’une traduction française, fort élégante, d’Alain de Libera : Le grain de sénevé.  C’est, de l’avis d’un connaisseur comme K. Ruh, une oeuvre authentique du jeune Eckhart. Il débute en paraphrasant l’incipit du Prologue de Jean : Au commencement est le Verbe, puis se développe en considérations de théologie trinitaire pour s’achever en itinéraire menant l’âme en grâce jusqu’à la divinisation. 
 « Un des sommets de la poésie du Moyen Age », ce « chef¬d’ceuvre de poésie érudite » expose avec vigueur et concision une mystique dionysienne toute de sérénité.
 La seconde pièce est la version française d’un commentaire de poème. C’est un texte anonyme, rédigé en latin et issu de l’entourage d’Eckhart. Sept pages érudites du traducteur soulignent les principales références néo-platoniciennes du commentateur et y discernent les thèmes majeurs. Elles mettent en évidence le centrage sur la notion éminemment eckhartienne de fond de l’âme qui, du fait de l’Incarnation et de l’inhabitation des Personnes divines, coïncide, au terme du détachement et de la « percée », avec le fond sans fond de Dieu.