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Le Civet de lièvre

 Les amateurs de cuisine n’apprendront pas grand-chose mais les moines et moniales se délecteront : Le Civet de lièvre est un régal. Avec un style alerte et imagé, le fameux prédicateur strasbourgeois sait redire avec une efficacité confondante les grands principes de la vie monastique, de la conversion chrétienne.

Le lièvre, c’est le moine. Il doit avoir la crainte de Dieu, de longues oreilles pour écouter sa Parole, certes mais surtout, il doit accepter de « passer à la casserole »  : enlever la vieille peau des biens terrestres, passe encore... mais il faut ensuite qu’il se fasse retirer la fine peau de la volonté propre avant d’être lardé d’amour, rôti au four sous toutes les coutures, et finalement pincé puis découpé pour voir s’il est bien cuit. Aïe ! Heureusement que tout cela est en vue de devenir un bon civet, servi dans des plats en or, au Roi des rois... et d’entrer dans la joie de son Maître.

Après le civet proprement dit, le recueil se poursuit avec des textes sur la préparation à la bonne mort et la justice divine, moins « savoureux ».<

À quelques siècles de distance, on appréciera d’autant plus l’actualité du message du fameux prédicateur, dont le style oral est conservé, et que l’on voit presque se tourner tantôt vers la foule et tantôt vers les moniales... Comme le dit fort bien Mgr Joseph Doré : « Son Civet de lièvre est toujours réservé au coin du feu. On pourra donc toujours le savourer longuement : je suis heureux de pouvoir, ici, inviter sans réserve à le faire. »