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Le chant du coucou

 Max de Carvalho-Wyzuj est né àRio au début des années 1960, d’une mère brésilienne et d’un père polonais. Ses parents, chanteurs d’opéra, l’ont promené un peu partout dans le monde avant de se fixer à Chatou, où il a achevé de grandir. Avant qu’il ne décide d’aller vivre avec sa femme et ses enfants dans la Montagne Noire, on le croisait souvent à Paris au milieu des années 1980, partout où il était question de poésie ; il éditait alors avec des amis une revue au titre nervalien, La Treizième, dont il a ensuite poursuivi seul la publication, à un rythme variable qui vaut à la deuxième série d’atteindre aujourd’hui son n° 9 (on suppose qu’il s’est au moins promis d’aller jusqu’au n° 13). Chaque numéro est conçu musicalement : les solistes ici s’appellent Jean Bastaire, Pierre Oster, Bernard Noël, l’étonnante Ilissa Sequin (Iliad) que traduisit André Du Bouchet, mais aussi des poètes hongrois, italiens, brésiliens... Les voix se répondent, se fondent – et les gloses du « chef de chœur » en fin de volume sont passionnantes.
 Il y a dix ans, Max de Carvalho publia (enfin !) son premier recueil chez Obsidiane, Adresse de la multiplication des noms (toujours disponible), qui fut très remarqué. Ce devrait être encore le cas des deux livres qui paraissent simultanément. (...)
 Max de Carvalho est un poète chrétien, à la spiritualité franciscaine résolument tournée vers la nature. Mais il ne nous jette pas sa foi au visage :s’"il y a trois personnes dans le chant du coucou", rien n’oblige (mais rien n’interdit non plus) d’y reconnaître la Trinité. Cette poésie nourrie des Pères de l’Église n’oublie pas de sourire. Sa tendre mélancolie fait plus d’une fois songer à Apollinaire. Disons-le : elle est merveilleusement humaine.