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Le bréviaire du pèlerin

Pour marquer le 500° anniversaire de sa mort, les éditions Arfuyen ont publié Le Manuel du Pèlerin de Jean Geiler de Kaysersberg, après La Nef des Sages et Le Civet de Lièvre, autant de sermons d’une belle éloquence donnés en la chaire de la cathédrale de Strasbourg, construite à son usage. Ici Geiler exhorte les chrétiens à faire pénitence puisque ces textes ont été écrits pour la Semaine Sainte qui démarra le 1er mars 1500.

Autant de métaphores du pèlerin en marche vers la rémission de ses péchés, où chaque accessoire a son importance, du sac au manteau en passant par le bourdon flanqué de trois anneaux pour en assurer la solidité. Au 16° siècle, toutes les familles n’avaient pas les moyens de s’absenter plusieurs mois pour se rendre à pied à Rome à l’occasion d’un jubilé. Dans sa préface, Francis Rapp évoque les 7 000 Strasbourgeois qui reçurent alors l’indulgence plénière de leurs fautes pour s’être « endimanché l’âme » car le pèlerinage pouvait «  se faire en esprit, sans quitter la maison, ni cesser de vaquer aux humbles tâches de tous les jours ».

Dans ses sermons de Carême, Geiler ne cesse de parler en images, notamment quand il cite la « besace de la foi » à emporter lors de ce voyage intérieur non sans préciser malicieusement qu’aux jeunes pèlerins une « petite besace est suffisante pour la simplicité de leur foi ». Comme pour le Civet de Lièvre, le prédicateur use de comparaisons compréhensibles à tous pour expliquer le but du pèlerinage. Il explique le rôle du bâton de marche mais surtout celui de la foi qui fortifie la volonté du marcheur. Plus surprenant, Geiler s’intéresse aussi à la « diététique » du marcheur où le corps « doit être nourri avec régularité et modération ». Foin de GPS pour notre pèlerin de choc : « Les bornes milliaires et les croix jalonnent la route ». Nos modernes gourous de la pensée positive n’ont pas fait mieux...