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La Venue

 Voici maintenant le recueil de poésie de Gérard BOCHOLIER que j’ai annoncé et qui vient de paraître chez Arfuyen. Il me donne l’occasion d’évoquer cet excellent poète, né en 1947, et aussi de le remercier de tout le travail accompli depuis 1976 à la revue Arpa. Cinq sections sans titre, un peu diversifiées par leur prosodie mais contenant toujours des poèmes brefs, en vers libres et courts, le plus souvent des ensembles de deux ou trois distiques dont la chute est marquée. La section I est très sombre, évoquant l’infinie souffrance des hommes, les guerres, les prisons, la mort : « Empli de sable / Parce qu’il est tard // Parce qu’il est l’heure / De la déroute // Empli de cendre / Parce que la mort // Gagne toujours : seulement d’un pli de souffle. » La deuxième, brève, nous dit une agonie : seulement sept poèmes, illuminés par une invocation de foi : « Que l’agonie du Fils / Te lave le regard // Qu’elle lisse ton front / La couronne inhumaine // Abrite dans tes mains / Jointes la flamme même. » La troisième est plus énigmatique, adressée à quel « Tu », orientée par l’expérience de quelle transcendance ? « La main tant serrée / Entrouvre sa gloire // La mort dans la boue / Cède sous les sources // Dans la paume exulte / Un creux de lumière. » La quatrième est une hymne à l’Amour, « À la fois, / le plus tendre / Amour / Le plus obscur », remplie d’une respiration d’espérance.
 Un mouvement s’est donc produit du début jusqu’à ce point, vers un éclaircissement, aux deux sens d’une heureuse clarté et d’une clarification. Comme l’indique le premier poème de la cinquième et ultime section, il y avait donc «  Juste ce qu’il faut d’ombre / Pour heurter à cette porte // Juste assez de défaite / Pour traverser ce seuil. »
 Quelque chose comme une foi, quelque chose comme une lecture de l’Évangile peut encore inspirer une création poétique véritable.