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La Venue

 La poésie de Gérard Bocholier résonne d’une musicalité bien particulière, avec une extrême économie de moyens. Les vers, brefs, avancent souvent par distiques, plus rarement par tercets ou quatrains, dans une sorte de halètement. Il est question ici, sur le ton de la confidence, avec les mots les plus simples, de choses essentielles : le voisinage de la mort, la fragile lumière du divin qui s’annonce quand l’esprit veille (et il ne s’agit pas ici de religion, mais d’abord de foi en la vie), le retour à la nuit mère à qui le poète, après Novalis, décide d’accorder sa « confiance ».
 J’ai cherché un mot pour dire ce que sont ces poèmes. Des élégies ? Pourquoi pas, en effet. Mais non : à y bien songer, ce sont des hymnes. Invoquer est leurt âche : l’invocation ne s’adresse plus aux dieux, mais au silence, mais au vent, à la nuit, à la mort, au jour d’après. Et le chant pour finir, au-delà des mots, s’ouvre sur la prière « qui offre sans mots au plus près / Sa pauvre échelle de lumière ».