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La Transparence

Depuis 1975, Gérard Pfister s’attelle, à la tête de sa maison d’édition Arfuyen, à une entreprise exigeante : éditeur de poésie, passeur de spiritualités, traducteur, il trace obstinément son sillon poétique... tout en travaillant sur les marchés financiers. De cette contradiction féconde surgit une aventure qui invoque tout à la fois le défi à l’époque et la grâce d’un dompteur de feu – ou d’un alchimiste qui sait, avec du feu et du peu, faire jaillir la conscience de la langue.

L’oeuvre poétique de Gérard Pfister porte haut l’exigence et l’urgence. Elle va vite et fait lever la parole comme on fait advenir un lever d’âme – ce mince filet d’une parole d’incertitude, tenue au plus vif du souffle, qui se dissout sans s’épuiser dans sa clarté et laboure l’insécurité contemporaine où, comme l’amour (ou les day traders ?), elle risque tout sur un signe – ou un éclat d’absolu entrevu.

Sa netteté d’épure résonne comme un diamant jeté contre la vitrine givrée de nos indifférences repues – et jamais en repos d’un désir à épuiser : Ce qui se connaît comme néant quelle étrange lumière, une présence mais comme de personne, un royaume mais comme sans lieu En pastichant la phrase de Valéry, on pourrait dire de la parole poétique de Gérard Pfister : « Le poète ne doit jamais dire qu’il fait jour ; il fait advenir le jour » – ou un frisson de jour dans une durée qui va…