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La Tradition secrète des mystiques

 Fénelon (1651-1715) a intitulé le présent ouvrage Le Gnostique de saint Clément d’Alexandrie. Il l’a soumis à Bossuet, en 1694, comme un commentaire des Stromates de Clément d’Alexandrie (150-215) en vue de justifier les affirmations `quiétistes’ de Madame Guyon, dont il approuve la doctrine.
 Après avoir évoqué la fausse gnose, il décrit la vraie : contemplation permanente, sans images ; amour d’abandon, pur et désintéressé, sans retour sur soi, sans crainte des peines ni espérance des récompenses célestes : n’aimer Dieu que pour Dieu même... un état inamissible (ininterrompu pendant le sommeil) d’impassibilité, de sainte indifférence (cf. François de Sales), de déification, de béatitude commencée, d’union essentielle et immédiate, de passivité : le gnostique ne fait en chaque moment que ce que le Verbe lui fait faire.
Il n’a plus besoin des pratiques de la piété ordinaire car il a achevé de se purifier. Il ne se ressent plus de cette terre. Sa prière, toute d’action de grâces, est une simple complaisance dans tout ce qui lui arrive. Il aime sans savoir si il aimera toujours, et sans penser si il aime actuellement. Instruit par Dieu, il pénètre le sens des Écritures et comprend ce qui paraît incompréhensible aux autres. La gnose est le bien propre et naturel de l’homme, mais rares sont ceux qui ont le courage de laisser faire Dieu.
 Ce qui est dangereux ce n’est pas d’être dans ces voies mais de s’imaginer faussement qu’on y est. Un ouvrage qui intéressera particulièrement le lecteur attiré par les spiritualités orientales.