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La Règle de perfection

Benoît de Canfïeld tient une place particulière parmi les fondateurs de l’École française de spiritualité. Ce catholique anglais, converti tardif et réfugié en France pour échapper aux persécutions qui frappent alors ses coreligionnaires outre-Manche, entre chez les Capucins et devient rapidement l’une des grandes autorités mystiques de son temps.

Chargé de la formation des novices au sein de son ordre, il dirige aussi de nombreuses personnes, tant laïques que religieuses. C’est pour ces dernières qu’il rédige quinze chapitres d’une Règle de perfection qu’il refusera longtemps de publier. Ce n’est qu’en 1608 qu’une version tronquée de la troisième partie verra le jour. Il faudra attendre 1610, et plusieurs remaniements ordonnés par l’autorité religieuse, pour avoir un texte « officiel ». Mais celui-ci n’est pas le texte original de Canfïeld et l’édition pirate donnée par Osmont en 1609 n’avait jamais été publiée qu’accompagnée du texte de 1610.

Par ce volume, les éditeurs scientifiques nous restituent le texte de Benoît de Canfield qui avait fait scandale lors de sa publication et qui avait entraîné des corrections par des mains autres que celles de l’auteur. Avec Benoît de Canfield, mort en 1610, nous sommes vraiment aux débuts de ce grand siècle des âmes et l’on voit poindre, particulièrement dans cette troisième partie qui retiendra tant l’attention des censeurs, les enjeux d’une mystique qui prône l’annihilation de soi-même.