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« La poésie, c’est autre chose »

 « La poésie est le lieu de l’autre », affirme Bernard Sesé. Il dit aussi : « Comme l’aventure mystique, l’expérience poétique donne accès à l’inattendu du réel. » Mais Baudelaire avait dit déjà que « la poésie est ce qu’il y a de plus réel. C’est ce qui n’est complètement vrai que dans un autre monde. » Rimbaud qui travaillait à se « rendre voyant », Rilke qui prévenait le Jeune Poète : « Le temps ici n’est pas une mesure », ou Claude-Henri Rocquet qui murmure que « la poésie est la parole qui se souvient du chant, de la musique, de la danse – son origine, les quelque trois cents poètes à qui ce livre donne voix et qui viennent de partout dans le temps et l’espace, tous brassent des définitions intimement liées à l’étrangeté fondamentale de la poésie.
 Le breton Eugène Guillevic pourrait toutes les résumer dans une seule phrase : « La poésie, c’est autre chose ! » Gérard Pfister a donc choisi cette définition comme enseigne de son livre, et convoqué, dans son grand kaléidoscope, les poètes les plus proches des chemins non carrossables des éditions et recherches d’Arfuyen.
 Livre conçu comme un abécédaire de huit lettres qui regroupent, cernent et avivent les différents points d’approche : A comme Affirmation, C comme Connaissance, puis viennent l’Emotion, la Musique, l’Objet, la Révélation, la Vie. Et, au milieu des pages, celles du L comme Licorne. On y évoque la poésie comme une femme nue qui se promènerait dans un lieu très fréquenté, et que personne ne verrait... Ce livre passionnant, passionné, nous aide à l’apercevoir. Et, peut-être, à la gratifier de notre propre définition.