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« La Main Noire » sur France 3

 À l’invitation de France Télévisions et de France 3, le film La Main Noire, diffusé prochainement en Alsace, a été présenté récemment à Strasbourg, dans l’auditorium de la place de Bordeaux.
 Peu de photos existent sur ce réseau de jeunes résistants français qui a opéré à Strasbourg dès 1940. Malgré cela, le film de 52 mn a tenu en haleine le public, parmi lequel des enseignantes et des élèves du collège Foch. Grâce au récit du parcours de ces jeunes de Strasbourg et de Brumath, des trouvailles (des images sur le camp de Schirmeck par exemple) et des interviews. Parmi lesquelles celle de l’historien Francis Rapp (son père était l’avocat de Marcel Weinum, condamné à mort à Strasbourg et exécuté à 18 ans en Allemagne) et des 4 survivants du réseau. Trois d’entre eux (Jean Voirol, Lucien Entzmann et Jean-Jacques Bastian) ont participé à cette soirée, amenant un surcroît d’émotion dans la salle.
 Le réalisateur Jean-Baptiste Frappat a été le premier à enregistrer et filmer leurs témoignages : « J’ai eu plus de liberté, étant un non-Alsacien qui a découvert l’annexion de fait de l’Alsace. Je continue de m’interroger pourquoi ces résistants sont tombés dans l’oubli. Parce qu’ils étaient jeunes ? Parce qu’ils n’étaient pas encartés politiquement ? Parce qu’ils étaient ouvriers et fils d’ouvriers ? Pourtant Marcel Weinum est une figure qui pourrait, pour ses valeurs, encore servir de réfèrent aujourd’hui. »
 Gérard Pfister, qui a édité le livre ayant permis de redécouvrir la Main Noire, s’interroge aussi : « Ceslav Sieradzki, mort à 16 ans, n’est-il pas le plus jeune résistant français à avoir été exécuté ? Ceci mérite une vraie reconnaissance ! »
 Rémy Pflimlin a reconnu que le sujet du film « l’avait touché, car il traduisait la réalité historique de l’Alsace. » Ce documentaire, « très important pour la mémoire de l’Alsace, douloureuse et complexe », est « un élément-clé du travail que doit faire la télévision publique », estime le président de France Télévisions. Le producteur Jacques Kirsner (il a produit notamment L’Orchestre rouge) a lui aussi rendu hommage « à ce groupe de jeunes ouvriers catholiques de moins de 20 ans ». Avouant avoir été « sceptique » au départ, suite à son ignorance, comme beaucoup de Parisiens, de l’annexion de fait de l’Alsace. Pour Jean-Pierre Stucki, délégué régional aux antennes d’Alsace, aucun doute : « Ce film qui explore l’histoire est extraordinaire. Ces garçons avaient décidé de s’opposer à quelque chose qui allait contre leurs valeurs : la nazification de l’Alsace. C’est notre rôle de mettre en valeur leur combat, dans la région et à l’extérieur. » Le documentaire devrait bénéficier d’un diffusion nationale sur France 3, dans l’émission « La case de l’oncle doc ».