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Jean Hans ARP

La Grande Fête sans fin

Traduit de l’allemand et présenté
par Aimée Bleikasten

Collection Neige
n°28, ISBN 9782845901940

13,5 €

Co-fondateur du dadaïsme à Zurich en février 1916, poète et plasticien, Jean Hans Arp se considérait avant tout comme poète :« Si par impossible, écrit-il, j’étais obligé de choisir entre l’œuvre plastique et la poésie écrite, si je devais abandonner soit la sculpture soit les poèmes, je choisirais d’écrire des poèmes. »

Poèmes de langue française comme de langue allemande : lorsque Arp naît à Strasbourg en 1886, l’Alsace vit sous le régime de l’annexion par le Reich allemand. Dès l’enfance il parle allemand et français, et sait aussi l’alsacien. Adolescent, il écrit dans les trois langues. L’allemand demeure sa langue première mais ne cessera de coexister avec le français. On compte en tout une vingtaine de recueils en allemand et une dizaine en français.

L’ensemble des textes directement écrits en français ont été réunis aux éditions Gallimard dans le gros volume Jours effeuillés (1966). En revanche, la majeure partie des textes écrits en allemands reste inaccessible au public francophone. Après la mort de Jean Arp en 1966, il a fallu attendre l’initiative des éditions Arfuyen en 1983 pour que soit réalisée, par les soins d’Aimée Bleikasten, la traduction du Logbuch des Traumkapitäns (ici revue et reprise) et du poème inédit Krambol.

Dès sa création en 2004, le jury du Prix Nathan Katz du Patrimoine, placé sous la présidence d’honneur de Claude Vigée, a souhaité encourager la traduction des poèmes d’Arp en langue allemande et a demandé à Aimée Bleikasten de traduire la première partie des poèmes réunis dans Gesammelte Gedichte III dont elle venait d’assurer l’édition originale en Suisse (Arche Verlag, 1984). Les textes traduits sont publiés en 2005 sous le titre Sable de Lune. Le présent volume regroupe les derniers poèmes des Gesammelte Gedichte III.

Ce qui caractérise la poésie de Arp, c’est son refus des grandes orgues de la rhétorique, fussent-elles rénovées comme celles de Breton ou Aragon. Il y a chez lui un parti pris de simplicité, quelque chose d’opiniâtrement enfantin qui l’a protégé toute sa vie contre la grandiloquence. Simplicité du geste, simplicité du dire. Son écriture dit la table et le nuage, l’ange et la rose. Elle nomme, elle conte sans avoir à expliquer, et lorsqu’elle se fait lyrique, c’est avec une narquoise pudeur. Dans la simplicité, le poète trouve sa force et son éthique : elle sauve ce joueur invétéré de la vanité de la comédie. 

La conscience permanente de la mort tapie dans l’ombre et attendant son heure, est indissociable de l’humour. On connaît la définition grinçante qu’il en donne : « L’humour / c’est l’eau de l’eau-delà / mêlée au vin d’ici-bas » (Jours effeuillés, p. 362).