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La découverte de la langue hébraïque

 Continuum, la revue des écrivains israéliens de langue française, a publié dans son numéro 5 (année 2007/2008) un dossier intitulé « Henri Meschonnic et l’Utopie du Juif ». On y trouve notamment un entretien de Henri Meschonnic avec Esther Orner, dont nous reproduisons ici un extrait, d’après un passage repris par Rachel Samoul dans son blog « Kef Israël - Vivre Israël au quotidien » (http://kefisrael.com).
 Comment êtes-vous venu à l’idée de traduire la Bible ? D’abord les Cinq Rouleaux et maintenant le Houmach, travail qui renouvelle entièrement la conception de la traduction du texte biblique.
 Question difficile pour moi justement parce qu’elle m’engage du plus profond de mon histoire individuelle, avec mon enfance traquée pendant la guerre, et paradoxalement (je dis paradoxalement parce que la Bible est un texte religieux et hyper-sacralisé) dans une famille non religieuse. Mais le besoin intérieur de réagir, et de me trouver, est passé par l’apprentissage individuel et tardif de l’hébreu biblique.
 J’ai dû commencer vers vingt ans, je n’y suis vraiment arrivé qu’à vingt-sept, quand j’étais soldat dans la guerre d’Algérie. Je suis un autodidacte et un amateur, pas un professionnel. Je n’arrête pas d’apprendre. J’ai ressenti un choc très fort en découvrant l’original, par rapport aux traductions.