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La blessure écrite

 La poétesse luxembourgeoise Anise Koltz (présidente de l’Académie européenne de Poésie) a reçu le Prix de Littérature Francophone Jean Arp 2009 pour La Lune noircie et pour l’ensemble d’une œuvre au long cours (une vingtaine d’ouvrages traduits et primés en de nombreux pays) dont la force d’interrogation et d’insoumission au « réel » mène, depuis Le Cirque du Soleil (Seghers, 1966) jusqu’à L’Ailleurs des mots (Arfuyen, 2007), à l’essentiel et à une réalité inconditionnée.
 Anise Koltz est la petite-nièce d’Emil Mayrisch (1862-1928), maître de forges luxembourgeois, créateur de l’ARBED (Aciéries réunies de Burbach, Eich et Dudelange) et de l’Entente internationale de l’Acier, qui avait jeté les bases d’une entente économique internationale qui annonçait le Marché Commun. Avec sa femme Andrée, il animait, dans leur château de Colpach, les rencontres internationales autour du Comité franco-allemand d’information et de documentation qui œuvrait, dans l’Europe issue du Traité de Versailles, au rapprochement franco-allemand.
 Les trois récits qui forment le recueil La Lune noircie mettent en scène Jonathan, un enfant aux « yeux vairons » dont la vie demeure à la marge de celle des autres ainsi que René, le mari d’Anise Koltz, torturé par les nazis et décédé des suites de ces sévices :
 « Je parle de l’aimé / II est partout / Sans issue ses pas / Quémandent un nouveau destin »
 Des mots sortis des rangs (errants ?) qui affrontent leur ombre et s’éclairent de l’insistante vérité de tout ce qu’ils savent déjà de nous...