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L’obscur travaille

 « Je crie et c’est toi qui sors / De mon cri / Je ne sais plus qui tombe / Mes moins ne serrent / Que du silence ».
 Le linguiste, philosophe et traducteur Henri Meschonnic (1932-2009), enseignant à l’université de Paris 8 (1969-1997), a mis son œuvre poétique (forte de seize volumes) au centre de sa réflexion et de sa tentative de saisie fervente de la « réalité ».
 Les édi­tions Arfuyen ont publié six recueils de son vivant. Ce septième volume publié chez Arfuyen rassemble les textes écrits durant les derniers mois de sa vie, en grande partie à l’hôpital – de jubilantes paroles ultimes d’un homme face à l’inéluctable, porté par sa douleur et qui, se relisant, s’y voit de plus en plus clair – à la mesure de son retrait de « la ronde de la vie » : « C’est quand elle s’arrête / Que je suis arrivé ».
 Prix Max Jacob (1 972), Prix Mallarmé (1986), Prix de Littérature francophone Jean Arp (2006) et Prix international de poésie Guillevic (2007), Henri Meschonnic a veillé toute sa vie, s’est regardé dans le feu du jour qui monte – s’accordant juste ce sommeil qui « continue d’autres réveils » – et scrutant dans chaque visage cette plainte qui n’a plus de limites : « les arbres avancent / Plus vite que moi / je dors ma veille »