Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

L’itinéraire d’une âme

 Le jour de l’Ascension 2001, Max de Carvalho rencontre une « mendiante d’infini », Sœur Catherine-Marie de La Trinité (apparentée à Francis Jammes et Saint-Exupéry), entrée le 2 février 1948 au monastère Notre-Dame-de-Prouilhe, chez les Dominicaines contemplatives. Il venait de découvrir ses poèmes rassemblés en de modestes brochures – et de décider d’en faire un recueil. Ainsi paraît Le Mendiant d’infini (éditions L’Arrière-Pays, 2003), vite épuisé.
 Ce second volume publié par l’Alsacien Gérard Pfister, fondateur des éditions Arfuyen, retrace l’itinéraire d’une âme, s’illumine de lueurs de haïku et s’embrase de l’ardeur d’une foi : « Je suis Sa lyre : est mon chant. »
 Une jeune fille d’autrefois, née Françoise Azaïs de Vergeron à Saint-Cyr-l’École le 3 août 1926, est entrée en religion depuis plus de soixante ans – et dans la clarté d’un livre qui s’effeuille en rafales de vent – celui de la calme évidence de l’esprit qui se dit dans l’effacement de son nom : « Sur la margelle / De mon puits / Je me penche, / Je crois en Ta présence – / Et si je chante, / Ton écho / Me répond / En silence. »
 Dans un Occident dont la « valeur esprit » est mise à mal, il est des êtres qui se gardent dans une qualité de conscience « dif­férente », au large de l’air vicié d’un temps dont les mortifères illusions prédatrices mènent « l’espèce non inhumaine » jusque sur la margelle d’un puits sans fond. Un déli­cat toucher d’âme sur papier préserverait-il de la chute dans ce rien qui nous ronge ?