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L’Hôpital

 Aucun dépaysement. Apparemment. Le lieu nous est connu. Apparemment. Ici, tout est, autrement. Ce qui s’y passe ne nous concerne pas, mais concerne les autres, uniquement les autres. A l’hôpital, nous faisons semblant de n’être qu’un banal passant : un passager de hasard. Parfois "on voudrait que quelqu’un / se mette à hurler".
 Peut-être pour nous ramener à la réalité.
 Solitude, lenteur, inquiétude, pesanteur. Des sous-entendus, un espace impossible à investir. Voilà ce que nous dit Guillevic en quelques mots, le temps d’un séjour – d’un séjour de hasard – dans le blanc, dans la "blancheur des draps", dans le silence fièvreux, dans "les secrets des gens". Apparemment aussi, aucune souffrance, aucune douleur à vif : l’opération poétique se fait à blanc, à la lisière des mots, en deçà de toute rupture. Seule parfois, "la soupe est trop salée". – On reste dans l’expectative. On tourne le dos à la peur. Apparemment.
 Dans l’hôpital
 Chaque décès
 Est agression 
 Contre l’institution
 Guillevic a tenté d’apprivoiser l’hôpital et celle dont il a tu le nom (la mort) : par l’ironie, par des adroites dérobades, avec un presque sourire...