Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

l’Herbe du songe

 Malgré un volume de la collection « poètes d’aujourd’hui » (Seghers, 1956) et les deux premiers tomes de ses oeuvres complètes (Émile-Paul, 1970) l’oeuvre d’Yvan Goll, romancier, dramaturge et poète reste peu connue du public français.
 Né en 1891 en Alsace-Lorraine, Yvan Goll habitera de l’intérieur l’allemand comme le français. Les événements historiques vont lui permettre d’affirmer la dimension européenne de son travail qui commence dès la première guerre mondiale au contact de l’élite culturelle fréquentée à Zurich (Stefan Sweig, Jean Arp...).
 Ami des plus grands créateurs il lance avant Breton, à Paris, la revue « Surréalisme ». Après avoir fui l’Allemagne, il s’installe aux États-Unis. C’est à l’extrême fin de sa vie, atteint d’une leucémie, qu’Yvan Colt écrit L’Herbe du songe publiée dans un précieux volume des éditions Arfuyen.
 Point ici, pourtant, d’émotion de circonstance. C’est d’une leçon remarquable de puissance qu’il s’agit. L’osmose de la conscience vécue et du cosmos, la présence frappante d’un thème minéral, la force fascinante des prières nous éblouissent. Ce sont aussi d’étranges et bouleversants poèmes d"amour que nous relirons très longtemps. La splendeur des images sans nulle gratuité, l’intensité lyrique nous permettent de faire de cette Herbe de songe une gerbe flamboyante : 
 Ô soleil ! sois cruel avec ton blé ! (...) 
 chante le coeur 
 qui depuis des millénaires enseveli
 crie vers toi dans les rubis de la montagne !