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L’Herbe du songe

 Un passage dans la maison des morts où se bousculent les vivants hâtifs et les lents agonisants. Un séjour dans la hutte des cendres, auprès des esclaves du pus, des sceurs de la fièvre. Le temps de respirer l’éternité d’une rose négative, l’unique fleur du deuil. -
 La leucémie guette le poète, il sait par quelle porte il sortira. Quelques pas encore pour apprivoiser la mort et pour encourager ceux qui seront condamnés à rester. Quelques textes, une transfusion de textes : le rêve surréaliste, le cri expressionniste. Une main tendue vers cette corde du sommeil irréel.
 Yvan Goll parle au-dessus du temps, depuis cette ligne de rupture qui rapidement s’effacera pour lui, qui s’émiettera quand s’écrouleront les derniers globules rouges. Avant de partir, un souvenir, un regard vers Alasam, que je situe près de la Mer Morte à Masada. Masada, l’ultime bastion de la résistance juive :
 Alasam
 La larme non versée
 Dans la cavité de mon crâne
 
  Une herbe de songe a poussé
 Hors d’elle plus tard
 Jaune de nuit teme de meurtre
 Pendant de longues générations d’hommes
 
 Unique fleur 
 D’abeilles désertée
 Ultime combat mené par le poète ! Reste l’Herbe du songe et ce « laissez-moi seul avec ma mort ».