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L’Éveillée

 Le nouveau recueil de poésie d’Alain Suied évoque à la fois le deuil d’une mère, l’enfance qui fait retour, dont il faut se nourrir et qu’il faut dépasser pour marcher dans l’ouvert ; les affrontements avec ce qui nous dépasse, sous la figure de l’Ange de l’épreuve auquel est opposé Jacob ; une omniprésente et insaisissable transcendance, celle du rien et peut-être celle d’un au-delà du rien.
 Les beaux poèmes presque titaniques, presque incantatoires, de la première partie, « L’Éveillée », font resurgir avec beaucoup de force – en des vers courts, avec un rythme haletant, mais qui s’apaise ou s’élargit à la fin de chaque poème – la mère qui nous déchire en nous quittant, mais « Nous sommes morts en toi / Pour que tu sois vivante en nous ».
 La deuxième partie, « Le Nom de Jacob », est composée de petits chapitres - eux-mêmes divisés en sections de trois poèmes – dans lesquels au deuil se mêle le combat spirituel : « À la lumière des larmes », « Dialogue devant la tombe », où commence l’évocation de l’enfant qui se poursuit dans « Au commencement », mêlée à d’autres liens, d’autres pertes et abandons, d’autres innocentes méconnues, d’autres rencontres 128, tandis que dans « Pour la joie » advient la présence, inséparable d’une absence.
 La dernière partie, « L’inadvertance », plus brève, me semble s’orienter - sous les mots du témoin, du visage, du passage, des générations, de ce qui survient et que l’on ne connaît pas, de l’invitation à un dépassement – vers une transcendance positive, à la fois celle de l’autre et celle, dans les derniers mots du poème, d’une « étincelle originelle » qui peut-être apparaîtra, « nouvelle », d’une aurore de la « parole vraie », d’une « inadvertance de la lumière ».