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L’Atelier des mondes

 Zéno Bianu écoute dans L’Atelier des mondes la peinture de Vladimir Vélickovic, sa voix en noir et rouge jusqu’au fond de l’abîme, il l’accompagne, « sous les hautes nuées / du sans fond », dans l’ombre la plus sombre de la tragédie, et se laisse entraîner dans les pièges scintillants de l’Enchanteur Richard Texier dont il retrouve la dynamique avec des mots-collages, les « cieux-cavernes, encriers-montagne », ce « tempo ébloui » qui est la marque du peintre.
 Cette écoute, cette attentive ardeur à retrouver la source d’où jaillit la peinture, Zéno Bianu nous la fait partager dans ses poèmes consacrés à Lise-Marie Brochen, arrêts sur images suspendues dans l’espace « avec le ciel happé / vers son propre centre », pensée jetée à l’assaut de la lumière, « foudre en eau profonde/ au plus bas du monde/ au plus noir du monde ».
 
Chacune des parties de ce recueil s’ouvre sur un titre qui circonscrit l’univers du peintre comme un blason : La tombée du noir (Vélickovic), Ombre ouverte (Lise-Marie Brochen), Précis de haute enfance (Richard Texier), L’Arrière-ciel (Pierre Dubrunquez). Chacun de ces titres montre le pivot, l’axe sur lequel ces créations s’ancrent et que le poème dévoile.
 La haute métaphysique de Pierre Dubrunquez, le jeu de Richard Texier, la tragédie de Vélickovlc, sont ici arrêtés, donnés dans leur dernier lieu, et la force de Zéno Bianu, poète, est d’accepter d’être dépassé par la peinture et de la laisser parler en lui, n’être que la force, la violence, la douceur entendue, murmurée, chuchotée, « le fond du profond » révélé avec les mots cachés de la Voix écoutée dans l’Atelier des mondes.