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L’Aile pourpre

 Le petit livre de Nicolas Dieterlé que nous propose Arfuyen est le fruit d’une fidélité amicale et familiale. Ce journaliste, né en 1963, d’origine protestante, ayant vécu en Afrique, s’est donné la mort en 2000 au cours d’un épisode dépressif aigu, après cinq ans de vie quasiment « monastique », dans les Alpes-Maritimes. 
 On a choisi un ultime recueil de fragments témoignant d’une intense vie spirituelle (p. 23, 32), liée à la Pois à la littérature (39, 59) – il a commencé à écrire un Novalis – et à un lieu privilégié d’existence (p. 69-70), vouée à une quête d’unité (p. 50) issue d’une expérience qu’il connut à vingt ans. Les fragments qui nous sont offerts ont le caractère tantôt d’aphorismes, tantôt de notations d’un journal, tantôt de poèmes en prose, tantôt de récits de rêves ou en rêve. Le symbolisme - dans une vision des "correspondances" y est très présent.
 Comment l’évoquer davantage ? La force de l’écrit spirituel, luttant de façon bouleversante contre une invincible mélancolie – la p. 21 exprime magnifiquement la pression intime d’une joie emprisonnée par la peur – y est plus constante que celle de l’expression littéraire. Pourtant Nicolas Dieterlé trouve souvent pour évoquer la montagne, dire sa beauté et sa puissance d’éveil, des mots que ne désavouerait pas un Philippe Jaccottet. Sans doute n’a-t-il pas eu le temps de trouver son propre chemin d’écriture, car la promesse est là, indubitable, et cela vaut la peine de la découvrir.