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L’Aile pourpre

 « Je faisais partie d’un peuple qui vivait dans une immense demeure obscure ne possédant aucune issue sur l’extérieur. Une nuit perpétuelle y régnait et seule la lumière fauve de quelques bougies empiétait sur son omniprésence ».
 Des trois ouvrages Arfuyen présentés sous cette rubrique, L’Aile pourpre de Nicolas Dieterlé est sans doute le plus délicat. Son auteur – il s’est donné la mort en septembre 2000 suite à une sévère dépression dont il ignorait l’origine – se qualifia lui-même de moine-poète, délaissant une brillante carrière de journaliste pour piger en indépendant et jouir de sa liberté. Gérard Pfister lui a rendu hommage en publiant ses dernières stances, plus proches de la prose symboliste que de la poésie.
 Nicolas Dieterlé se rapproche de ses deux prédécesseurs dans la mesure où ses textes sont imprégnés de spiritualité romantique aspirant à ne faire qu’Un avec l’univers. Prenant très à coeur sa vocation, il définit la poésie comme étant « La joie d’aller sur la corde raide tendue entre ciel et terre, entre nature et monde. Un métier essentiellement funambulesque ». Inspiré par son « ermitage » du Sud-Ouest, sa dernière demeure, il évoque « Le monde muet [qui] se réenchante » où la musique des gouttes d’eau sur les feuilles des arbres qui « les font frémir et résonner comme les touches d’un clavier ». À déguster en compagnie des Années de Pèlerinage de Liszt par un jour d’orage ; l’effet n’en sera que plus renversant