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L’Aile pourpre

 Ce livre est particulièrement émouvant à plus d’un titre. Premier texte littéraire de Nicolas Dieterlé à être publié, il est aussi le dernier qu’il ait écrit, entre mars et septembre 2000, comme un testament rédigé juste avant sa mort, le 25 septembre 2000. Très malade, l’auteur s’était installé dans un village des montagnes du Var pour y vivre ses derniers mois. Pour lui, se réfugier dans la solitude des montagnes, c’était pénétrer dans « un Ordre très saint », un premier pas vers une nouvelle destinée, vita nuova, l’autre vie.
 Ces rêveries d’un promeneur solitaire, écrites à la fois dans la sérénité et dans l’urgence, témoignent d’une rencontre intime avec la profondeur de l’être, d’un appel de l’infini. « Quel est mon lieu ? la poésie. Elle est ma maison, mon odorante maison. Elle est la fleur de l’espace ». Oscillant entre rêve, réalité et méditation mystique, cette prose poétique est celle d’un « moine poète », comme il s’est défini lui-même. L’enfance vécue en Afrique comme une merveilleuse initiation aux mystères de la nature, lui fut brutalement, et prématurément arrachée par le retour en France. De cette blessure inguérissable, doublée d’une souffrance quotidienne, naît l’inspiration poétique, quête d’un temps béni où le monde serait Unité et Harmonie. Comme tant de poètes, il pleure l’enfant qu’il n’a jamaiss cessé d’être, tout en s’ouvrant à la beauté du monde et à l’appel impérieux de l’ailleurs.