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Khalil Gibran, les prophéties d’un esthète

 Comme Salah Stétié qui a traduit (de l’anglais) et remarquablement présenté Le Prophète, Adonis consacre un poème-préface aux Processions que vient de traduire avec lui (de l’arabe) Anne Wade-Minkowski.
 Un lecteur attentif appréciera la beauté (française) de vers simples et justes, où s’expriment une ironie désenchantée (« Tu vois quelqu’un de sobre et de vigilant, étonne-toi ! / La lune va-t-elle prendre refuge sous une nuée gonflée de pluie ? »), une critique virulente des accommodements de la religion (« Celui qui aspire au Paradis éternel est un ignorant : / Il craint de voir le feu s’enflammer. »), de la loi, de la force, de la veulerie, de la mièvrerie, du plaisir sans amour, un éloge de la folie d’amour, de l’absolu, mais aussi du corps et des sens, sublimés par l’âme et par la vie naturelle où l’individu perd toute attache au monde : « As-tu comme moi pris la forêt / pour maison, refusé les palais ? »