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Kalonymus Shapiro, rabbin au Ghetto de Varsovie

 Grande figure du hassidisme et de la résistance à la Shoah, le Reb Kalonymus Shapiro (1889-1943) choisit en 1940 de rester avec les membres de sa communauté hassidim de Piaseczneh, envoyés au ghetto de Varsovie ; il y vécut jusqu’à sa déportation au camp de Lublin où il fut assassiné en 1943.
 Il a laissé, sous le titre Esh Qodesh (le Feu Saint) un journal spirituel des années 1940-1942, magnifique témoignage de la confiance en Dieu, non pas en un Deus ex machina qui viendrait venger son Peuple, mais en un Dieu proche qui souffre : « La grande souffrance de l’Éternel ne pénètre pas dans le monde [...] Si le monde entendait la voix de l’Éternel qui pleure, si l’on peut s’exprimer ainsi, il éclaterait... » (p. 142).
 En faisant suivre la présentation qu’elle donne du Reb Shapiro et de ses écrits de larges extraits non seulement du Esh Qodesh mais aussi du Derekh Melekh (Le chemin du Roi), un commentaire de la Parasha, Catherine Chalier nous découvre la pensée du judaïsme hassidique aux moments les plus tragiques de son histoire, alors que « un doute plein de peur monte en nous » (p. 125), lorsque ressurgit la phrase de Rabbi Akiba : « Toute ma vie je me demandais ce que signifiait : tu aimeras l’Eternel ton Dieu de toute ton âme (Dt 6, 4), c’est-à-dire même au sacrifice de ta vie [...] Maintenant je le sais ».