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Joyeuses histoires à lire en diligence

 Qui se souvient de Jörg Wickram ? Il est né à Colmar vers 1505, dans une famille originaire de Turckheim, fils illégitime de Conrad, le Stattmeister de la ville – et mort vers 1562.
 Il hérite de son père la somme de cent flo­rins ainsi que la maison dans la Kâssgasse. Membre de la corporation du Sureau (Holderbaum) qui regroupe les tra­vailleurs du bâtiment et des métaux, il quitte Colmar pour la petite ville rhénane de Burkheim-en-Brisgau, au pied du Kaiserstuhl, où il a été nommé greffier-syn­dic. Dès lors, il signe : « Jörg Wickram, Stadtschreiber zu Burckheim ».
 Son œuvre compte une quinzaine de titres, depuis Die Zehn Aller der Welt (1531 ), écrit pour le théâtre local dans la tradition des Fastnachtspiele, jusqu’à son recueil de facé­ties, Das Rollwagenbüchlin (1555), ces Joyeuses histoires à lire en diligence dédiées à « tous les marchands qui se rendent sur les foires » (Prix du Patrimoine Nathan Katz), traduites de l’allemand du XVIe siècle par Catherine Fouquet (Bourse de traduction 2011 du Prix du Patrimoine Nathan Katz) et publiées par les éditions Arfuyen.
 Il y est beaucoup question de paysans riches ou pauvres, de prêtres (dont l’un lance sa sandale dans la chaire afin de débusquer des luthériens dans l’assistance), de moines, d’aubergistes, d’étudiants désargentés, du bourreau de Colmar et même de simples qui (lors de la Guerre des Paysans) rendent grâce à Dieu de leur pauvreté... Leur auteur passe pour l’inventeur du « livre de coche », laquelle préfigurait la « littérature de gare » : toutes choses alors se traitaient-elles par le rire dans la vallée du Rhin ? Si la morale ne s’absente pas de ces facéties, elle ne sur­charge pas la petite mécanique du rire.