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Journal de l’air

 Spécialiste de la littérature espagnole, Jacques Ancet a traduit Luis Cernuda, Jean de la Croix, Antonio Gamoneda...Poète, il est l’auteur de plusieurs recueils dont les titres nous ouvrent d’emblée des espaces de clarté : Un morceau de lumière, L’heure de cendre, Le jour n’en finit pas...
 Journal de l’air se compose de sept parties dont les deux premières et les deux dernières sont écrites en vers, le cœur du recueil est constitué de poèmes en prose. En exergue de l’ouvrage, Jacques Ancet tente d’expliciter sa démarche. Saisir l’insaisissable, entre présence et absence, « Juste le temps de ne pas le dire » ; et nous voilà avec le poète dans ce « vide de l’instant » où on « voit les choses / hésiter entre naître et mourir ». Et pourtant, c’est dans cet entre-deux que se joue l’essentiel. « Ce morceau de vie que tu retiens » renvoie à l’énigme de notre existence. Ce jeu de cache-cache avec soi-même, les mots, la vie, la mort font que « tu disparais tu es l’entre-deux ».
 
Avec Journal de l’air, nous respirons en retenant notre souffle et si celui-ci s’amenuise, les mots seront ces bouffées salvatrices qui prolongeront l’instant au-delà du silence même si celui-ci « se referme ». Et si « rien n’est jamais vraiment là », le poète est celui qui appréhende le frôlement de « l’aile du désir ». Et si avec lui, nous nous brûlons les ailes en traversant la lumière ou en cherchant sous le mot ce qui n’existe pas, nous aurons aspiré dans cet opuscule un air pur et raréfié qui nous aura octroyé « la petite clarté sur la fenêtre » et laissé sous son charme longtemps après que l’on aura fermé la dernière page « un front posé sur une vitre et sa buée ».