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Je renaîtrai

L’affirmation péremptoire du titre est en parfait accord avec le climat du livre. Le « moi » que chaque poème met en exergue, dans une langue aussi dense qu’épurée, jamais « sentimentale » ou effusive, réinvente à chaque instant toutes les sensations : « Les étoiles m’attaquent / traversent mes vêtements / comme une légion de fourmis / chargées de lumière. »

La vie ou la survie relèvent d’un combat incessant qui pousserait l’auteur à vouloir « renaître / oiseau de proie ». Et puisque « Des loups vivent en moi », dit-elle, « hurlant dans mes plaines enneigées » / « Crève­ront-ils / ou les égorgerai-je ? », alternative également exprimée lorsqu’elle se voit en même temps « Caïn et Abel », « assassin » et « victime ». 

Entrée dans son « grand âge » la Luxembourgeoise Anise Koltz n’a rien perdu de sa radicale pugnacité. Apprécions ce dernier trait, puisque l’espace manque pour en citer d’autres, toujours surprenants : « La poésie / est la toxicomanie / de la parole. »