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Ici pépie le cœur de l’oiseau-mouche

 Ce nouveau recueil posthume de Nicolas Dieterlé a été écrit durant les deux dernières années de sa brève existence (1998-2000), tandis que son journal spirituel a paru en 2004 sous le titre La Pierre et l’oiseau (Labor et Fides).
 Pour l’auteur, au plus profond de cette forêt bruissante qu’est la vie, la poésie est ce lieu par excellence où l’on perçoit le plus fragile, le plus infime et vulnérable. Dès le premier fragment de ces textes courts, et jusqu’au dernier, la fonction primordiale de la poésie est ainsi évoquée : « La poésie ne consiste pas à louer les pâquerettes, comme on le croit communément. Telle un brise-glaces, elle tranche dans la banquise épaisse de la réalité prosaïque pour créer une débâcle favorable à l’apparition d’une eau limpide, féerique, celle de la beauté que rien ne limite et qui embrase tout. »
 Cette fusion admirative et passionnelle avec la nature environnante est particulièrement axée sur le thème de l’oiseau. Avec toutefois une petite remarque. L’auteur n’aimait pas les poules et c’était son droit. Mais pourquoi écrire qu’elles sont comme les pigeons des villes, des oiseaux renégats « ayant tourné le dos à leur mission », et qu’elles représentent « le type du philistin » ? Voilà des phrases qui ne devraient pas figurer dans ce recueil, parce qu’elles accréditent cet anthropocentrisme chrétien mal compris, et cela même si, aujourd’hui, « l’espoir est semblable à une tourterelle ».
 Fils d’un chirurgien, Nicolas Dieterlé, né le 28 août 1963, avait passé son enfance au Ghana, puis au Cameroun. Il était revenu en France en 1973 pour ses études. En mars 2000, il s’était installé dans le Var. Dépressif, il est mort le 25 septembre 2000. Une association des amis de Nicolas Dieterlé a été créée en 2007, sous le nom La Pierre et l’oiseau.