Ouvrages publiés aux Éditions Arfuyen
Sur l'oraison de repos et de silence
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Revue de Presse Sur l'oraison de repos et de silence Le P. Balthasar Alvarez (1533-1580) était un jeune Jésuite de 26 ans lorsqu’il fut chargé de la direction de la Madre pour laquelle, plus encore qu’un conseiller précieux pendant six ans, il fut toujours un ami et un ardent défenseur face à ses détracteurs. Texte © Tous droits réservés Coup de cœur : Sur l'oraison de repos et de silence Des coups de cœur j’en ai souvent pour les carnets spirituels que nous donnent à lire Anne et Gérard Pfister. Ce sont de jolis petits livres de différentes couleurs sur le fond desquels se détachent paysages, édifices ou silhouettes un peu flous, parce que peut-être la couverture enveloppe un joyau spirituel et que la vie spirituelle s’épanouit toujours de nuit. J’ai aujourd’hui trois raisons supplémentaires d’avoir un coup de cœur pour le petit livre de Balthasar Alvarez. Son propos est l’oraison de repos et de silence et, bien qu’il s’adresse aux jésuites, l’auteur se montre plus carme que les carmes ; peut-être faudrait-il mieux dire : plus carmélite que les carmélites. Les deux traités sont un éloge de l’oraison au Carmel. La préface de Bernard Sesé, l’éminent hispaniste qui a consacré une grande part de son œuvre à Thérèse d’ Avila et à Jean de la Croix, est une superbe forme brève sur Thérèse d’Avila. Texte © Tous droits réservés
Petite Anthologie J’ai travaillé pendant seize ans comme un laboureur qui se donne toutes sortes de peines pour féconder son champ, sans faire néanmoins aucune récolte. C’était pour moi une peine extrême de me voir destitué des dons et des talents qui avançaient les autres et les rendaient aimables à Dieu.
Je crus d’abord pouvoir surmonter mon incapacité en prolongeant mes oraisons outre mesure ; mais cela ne servant qu’à fatiguer mon esprit et dessécher mon cœur, je reconnus la tentation, et je pris le parti de ne plus donner à cet exercice que le temps prescrit par l’obéissance. Cela servit du moins à me guérir de la folle prétention de partager les progrès et les faveurs singulières accordées à ceux de mes frères qui valaient mieux que moi. Je découvris aussi que mes défauts m’humiliaient moins qu’ils ne m’étaient à charge, parce qu’ils me semblaient mettre obstacle aux desseins de Dieu sur moi. J’en éprouvais une profonde douleur ; je m’affligeais aussi des défauts des âmes soumises à ma conduite, et, par suite, il me semblait d’un sage gouvernement d’exiger qu’elles travaillassent avec amertume à leur amendement. Pendant quatorze ans je fus dans l’habitude de me présenter devant Dieu comme un pauvre qui demande l’aumône : mais parce que j’étais beaucoup trop occupé de mes intérêts, je passai tout ce temps dans une noire tristesse, me figurant que je ne parviendrais point à la perfection. Enfin, je rentrai en moi-même, et n’eus pas de peine à reconnaître ma folie. Il en résulta que, pendant quelques jours, ma confusion devant Dieu fut extrême. La honte m’empêchait de lever les yeux. Je n’osais plus parler, si ce n’est pour le prier de me punir, de me pardonner, de remédier à ma misère. Alors, il daigna m’admettre à un genre d’oraison plus élevé, et mes pénitents s’en trouvèrent mieux. Depuis ce moment je sentis mon cœur changé, dilaté, dégagé des créatures, et dans un étonnement que je ne puis mieux comparer qu’à celui des bienheureux, lorsqu’ils diront à Dieu, au jour de ses justices : « En vous voyant, Seigneur, nous voyons tout bien, et nos maux sont guéris. » |