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Jeanne-Marie Bouvier de la Motte, dite Madame GUYON (1648 - 1717) Madame Guyon est l’une des très grandes mystiques du XVII° siècle français et certainement une de celles qui nous restent le plus proches. Car elle resta toute sa vie une laïque plongée dans les difficultés de l’ordinaire quotidien et garda toujours une entière liberté intérieure. Texte © Editions Arfuyen |
Ouvrages publiés aux Éditions Arfuyen
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Revue de Presse Écrits sur la vie intérieure Les courts textes de Jeanne Guyon, fort bien choisis, illustrent cette spiritualité du « pur amour » dont Fénelon s'était fait le théologien et qui a continué de nourrir la vie spirituelle des chrétiens fervents dans la suite des temps, mais souterrainement, dans les correspondances particulières et la confidentialité de la direction de conscience. L'Abandon à la Providence divine, longtemps attribué à Jean-Pierre de Caussade (Desclée de Brouwer, coll. « Christus », 2005), en est une autre illustration. Texte © Tous droits réservés Petite bibliothèque mystique Les Écrits sur la vie intérieure de Madame Guyon constituent le volume 42 de la collection Les Carnets spirituels des Éditions Arfuyen. La bibliothèque mystique de cette maison d'édition (aux petits livres soignés) s'enrichit donc des textes de l'une des plus grandes mystiques du XVll° siècle français (de son vrai nom Jeanne-Marie Bouvier de La Motte, née à Montargis). Texte © Tous droits réservés Les Torrents mystiques Fille de riches bourgeois, Jeanne-Marie Bouvier de la Motte, épouse Guyon, perd son époux à vingt-huit ans et développe son attirance pour la spiritualité tout en restant en dehors des ordres. Le quiétisme découvert en Piémont, devient sa raison de vivre ; Jeanne Guyon ira le propager jusqu'à la Cour du Roi-Soleil, mettant ce faisant sa liberté en danger. Texte © Tous droits réservés Écrits sur la vie intérieure Il est temps de redécouvrir la grande mystique que fut Madame Guyon (1648-17I7), injustement tombée dans l’oubli après avoir été vilipendée de son vivant. Fénelon est son disciple le plus célèbre, mais elle en eut bien d'autres qu'elle guida de manière personnelle pendant les trente dernières années de sa vie ; cette direction a donné lieu à des opuscules et des Lettres, d'une à vingt-cinq pages, que ses amis ont rassemblés et publiés en 1716 et dont un choix nous est ici offert. Texte © Tous droits réservés Écrits sur la vie intérieure La littérature mystique n'a pas pour but premier de donner à l'auteur un statut d'artiste ou d'écrivain. Son projet est d'enseigner, d'édifier, de démontrer l'efficacité de certaines voies d'accès au divin. Le ton peut être docte, savant, solennel ou encore poétique... Chez Madame Guyon (1648-1717), l'une des innombrables figures de la spiritualité française du XVII° siècle, il est simple et familier, effusif, voué à la transmission. Texte © Tous droits réservés Écrits sur la vie intérieure Le nom de Madame Guyon peut encore effrayer bien des fidèles, à cause des polémiques autour du quiétisme qui ont sonné l'heure du crépuscule des mystiques. Après toutes les études parues au XX° siècle, il serait dommage de ne pas lire et goûter quelques-unes des plus belles pages de la littérature mystique française. Texte © Tous droits réservés Écrits sur la vie intérieure Dans leur préface, D. et M. Tronc ne craignent pas d'appeler Madame Guyon « l'une des très grandes mystiques du XVII° siècle français ». À qui s'en étonnerait, il suffirait de rappeler sa réhabilitation par un des spécialistes aussi exigeant que Louis Cognet. Pourtant, remarquent-ils, « sa grandeur et ses écrits restent méconnus ». Texte © Tous droits réservés
Petite Anthologie Écrits sur la vie intérieure
(extraits) Vous me demandez comment je sais que c’est Dieu qui me fait agir et comment Il me parle. Je sais qu’Il me fait agir comme je sais que j’ai une âme qui remue mon corps et que si je n’avais pas cette âme, mon corps serait sans aucune fonction vitale. L’un est aussi certain que l’autre. Si un homme pouvait se sentir après sa mort, il saurait fort bien qu’il n’est privé de toutes les fonctions de la vie que parce que l’âme n’animerait plus son corps. Si cette âme revenait animer ce corps de nouveau et que ce corps eût perdu ce qu’il avait de terrestre et de grossier et que l’âme eût acquis des qualités qu’elle n’avait pas auparavant, la possession de cette nouvelle âme et son union à ce corps séparé de la terre lui feraient voir un pays nouveau. Cette personne sentirait bien que toutes ses fonctions sont différentes des anciennes. Elle serait enchantée d’abord de cette nouvelle vie, elle la distinguerait et la remarquerait fort bien et, la comparant à la première vie qu’elle avait avant que la mort eût purifié son âme et son corps, elle en verrait la différence. Elle serait surprise un temps de cette nouveauté, elle ne pourrait douter de sa vie, mais dans la suite elle vivrait tout naturellement, sans se dire toujours : Je vis, c’est mon âme qui fait agir mon corps. Cette vérité si certaine ne serait plus son attention : elle vit, elle opère et c’est assez. Elle sait qu’elle a été privée de cette vie qu’elle possède, elle sait qu’elle vit et c’est tout. Et elle sait que cette vie est étendue, vaste, qu’elle n’est pas comme la première : et c’est tout ainsi que cette âme sait fort bien que Dieu est devenu sa vie. * Il faut que je dise que, quoique dans la fin de ma vie et dans les choses extérieures que Dieu m’a fait souffrir, il ne paraisse pas d’amères douleurs, ni des dispositions marquées comme dans le commencement et dans la suite de la vie, ni des dispositions intérieures si marquées d’abandon, de soumission, cela n’empêche pas que les douleurs intérieures n’aient été plus fortes, et les dispositions d’abandon très réelles : mais c’est que rien n’arrête et ne marque dans mon âme, rien n’y fait d’impression ni d’espèces. Il me semble que tant que l’âme reste en elle-même par quelque consistance, les choses s’impriment et laissent des traces, comme de douleur et d’impressions d’abandon, d’amour, et de toutes les vertus ou des défauts opposés ; mais lorsque l’âme est devenue sans consistance, et qu’elle s’écoule sans cesse dans son Être original, comme une eau pure et fluide, rien ne s’imprime, tout passe et ne laisse aucun vestige. Ces personnes mêmes ne font presque plus de songes : si elles en font, elles les oublient, rien ne reste. C’est la raison pour laquelle on ne peut écrire de [leurs] dispositions. Cela n’empêche pas qu’il n’y ait [en cette âme] certaines vicissitudes superficielles. Mais ce qu’elles produisent dans le moment est de l’enfoncer dans sa perte. Après cela tout suit, tout s’écoule. D’autres fois, c’est un je ne sais quoi plus amoureux, une tranquillité plus tranquille car le non-trouble est perpétuel. Mais de tout cela on n’en saurait rien dire. Lorsque j’ai écrit, il me semblait que cela sortait d’un endroit caché et qu’on ouvrait pour me faire voir ce que je n’avais pas aperçu jusqu’alors. Le Maître a tout emporté, le cabinet et ce qui est dedans : de sorte qu’on écrit sans savoir ce qu’on écrit ni pourquoi on l’écrit, si c’est la vérité ou non. Si on demeure ferme dans un sentiment, c’est que Dieu ne donne pas autre chose. Hors de là, on nous fera plier comme on voudra, et pour peu que la raison s’en mêle et qu’on veuille vous persuader par raison, c’est un poids qu’on met dans la balance et qui la fait sortir de l’équilibre où elle était sans savoir si cela est bien ou mal, prête à tout, prête à rien. (...) Cela est, ou n’est pas, également. Il n’y à rien à chercher pour justifier son dire. Ce qui ne vaut rien est certainement de la créature ; ce qui est bon est certainement de Dieu. Le prophétique même ne peut pas être une assurance puisque Jésus-Christ répondra à ceux qui lui auront dit « N’avons-nous pas prophétisé en votre nom ? » : « Je ne vous connais pas, vous qui êtes des ouvriers d’iniquité. » Ainsi le principe d’iniquité qui est le Démon, peut prophétiser sur des conjectures. Les âmes de foi ne doivent s’arrêter à rien de tout cela. La foi seule doit être leur guide. Celui qui parle ne doit faire aucun fonds sur rien et celui à qui il est parlé, en doit faire sur la parole présente et non sur l’avenir, parce que le Verbe est toujours engendré sans interruption, sans commencement et sans fin. Tout ce qui est du Verbe et par le Verbe, est présent ; ainsi les personnes en qui Il vit et opère ne parlent de l’avenir que comme présent. Mais Dieu, qui rejette tout appui hors Sa parole et Son Verbe, peut permettre à la créature de dire des choses à venir très douteuses, quoique ce qu’Il dit soit infaillible, parce que le sens des choses, la connaissance de tout, est en Lui-même. |