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Katherine MANSFIELD

(1888 - 1923)

     Katherine Mansfield, de son vrai nom Kathleen Beauchamp (Mansfield était le nom de sa grand-mère), naquit le 14 octobre 1888 à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Ses parents, colons arrivés en 1848, habitaient un faubourg résidentiel de la ville qu'ils quittèrent pendant quelques années pour s'installer dans la proche campagne, à Karori. Elle était la troisième de cinq enfants.
     Ses jeunes années sont partagées entre une précoce vocation de nouvelliste et de remarquables talents de violoncelliste. A quatorze ans, elle quitte l'île avec ses deux soeurs aînées pour poursuivre ses études au Queen's College de Londres.
     Après un bref retour en Nouvelle-Zélande, de 1906 à 1908, elle obtient de son père la permission de s'établir en Angleterre pour y tenter une carrière d'écrivain.
     En 1909, mariage avec un professeur de chant, de dix ans son aîné. Elle ne reste avec lui qu'une nuit. Elle part peu de temps après cacher à Wörishofen, en Autriche, une grossesse illégitime.      L'enfant ne voit pas le jour. De ce séjour autrichien, elle rapporte la matière des nouvelles pleines d'humour et de grâce réunies sous le titre In a German Pension (Pension de Famille).
     Après de vaines démarches auprès de nombreux éditeurs, Katherine Mansfield parvient à publier des textes dans la revue The New Age. Son recueil In a German Pension paraît en décembre 1911 et connaît rapidement plusieurs rééditions.
     En 1912, Katherine Mansfield fait la connaissance de John Middleton Murry qu'après des années de tumultueuses relations elle épousera en 1918, une fois obtenu le divorce d'avec son premier mari. Avec J. M. Murry, elle publie la revue Rhythm, puis The Blue Review.
     Lorsque éclate la guerre, son frère cadet Leslie Heron Beauchamp, mobilisé dans l'armée britannique, évoque avec elle au cours de ses permissions les souvenirs de leur enfance en Nouvelle-Zélande. Il est tué en octobre 1915 sur le front français.
     C'est à cette époque que, bouleversée par la mort de son frère, Katherine Mansfield se réfugie à Bandol, écrit de nombreux poèmes et ne se résout à survivre que pour écrire ce qu'ensemble ils ont vécu.
     A partir de 1917, sa santé toujours fragile se dégrade rapidement sous l'influence d'une pleurésie qui se complique peu à peu en tuberculose pulmonaire. Durant les six années qui lui restent à vivre, elle change seize fois de résidence, passant de longs séjours sur la Riviera italienne, sur la Côte d'Azur et en Suisse.
     Sentant l'approche de la mort, Katherine Mansfield travaille fiévreusement. En 1920 paraît son deuxième recueil, Bliss (Félicité) ; en 1922, The Garden Party (La garden-party).
     Ne trouvant plus d'aide dans la médecine ni dans l'écriture, Katherine Mansfield commence au début de l'été 1922 à s'intéresser aux études de Gurdjieff. Le 17 octobre, elle est admise à l'Institut pour le développement harmonieux de l'homme, que Gurdjieff vient de transférer à Fontainebleau. La rude discipline physique de l'Institut aggrave son état de santé. Elle meurt le 9 janvier 1923 et est enterrée à Fontainebleau-Avon, en cette terre de France où repose son frère.
     La même année paraissent à Londres par les soins de J. M. Murry son quatrième recueil de nouvelles, The Dove's Nest (Le nid de colombes) ainsi que l'unique recueil de ses poèmes, Poems, qui a été traduit aux Editions Arfuyen en 1982 pour la première fois. 

Ouvrages publiés aux Éditions Arfuyen

Poèmes  1° éd.

Poèmes

 

Petite Anthologie

Poèmes
traduit par Anne Minkowski
(extraits)

Solitude

C'est la Solitude maintenant qui vient la nuit,
A la place du Sommeil, s'asseoir près de mon lit.
Comme une enfant fatiguée je repose et guette ses pas,
Je la regarde doucement souffler la bougie.
Elle reste assise, immobile et sans bruit,
Lasse, si lasse, laissant tomber sa tête.
Elle aussi est vieille, elle aussi a livré le combat.
De feuilles de lauriers son front est couronné.

Dans l'obscurité morne, la marée lentement descend,
Se brise inassouvie sur la rive stérile.
Un vent étrange passe... puis, le silence. Je voudrais
Me tourner vers elle, la prendre par la main,
La serrer dans mes bras, et attendre ainsi que la terre stérile
Soit remplie par la terrible monotonie de la pluie.


Dehors dans le jardin

Dehors dans le jardin,
Dehors dans le souffle et le balancement de l'obscurité,
Sous les arbres et la haie vive,
Sur la pelouse et les parterres de fleurs,
Quelqu'un balaye, balaye,
Quelque vieux jardinier.
Dehors dans le souffle et le balancement de l'obscurité,
Quelqu'un secrètement est en train de ranger,
Quelqu'un très lentement avance, avance...


Aux lueurs du feu

Jouant ensemble aux lueurs du feu et du crépuscule,
Mon petit garçon et moi
Soudain – tristement – je me penche pour l'attraper.
Essaye, maman, essaye !

La Vieille Dame Silence lève un doigt impérieux :
Chut ! ... Cessez votre jeu.
Qu'est-il arrivé ? En cet instant infime qu'est cela
Qui s'est envolé ?
 

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