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Nizar KABBANI

(1923 - 1997)

     Nizar Kabbani est né à Damas (Syrie) le 21 mars 1923.
     En 1945, il obtient le diplôme de la faculté de droit de l'Université de Damas.
     Il entre comme attaché au ministère syrien des affaires étrangères et occupe des postes diplomatiques au Caire, à Ankara, à Madrid, à Pékin et à Beyrouth jusqu'à sa démission en 1966.
     Dès l'âge de 16 ans, il commence à écrire des poèmes, largement consacrés à des thèmes amoureux.
     Sa poésie casse l'image traditionnelle de la femme arabe et invente un langage nouveau, proche de la langue parlée et riche de nombreuses images empruntées au monde de l'enfance.
     Après la défaite arabe face à Israël en 1967, son oeuvre prend une coloration politique et engagée. Son poème le plus récent, Les enfants de la pierre, fait référence au soulèvement actuel dans les territoires occupés.
     Nizar Kabbani a été marié deux fois. Sa seconde épouse, Balqis al-Rawi, une enseignante irakienne, a trouvé la mort dans un attentat perpétré par des activistes pro-iraniens contre l'ambassade d'Irak en 1981 à Beyrouth, où elle travaillait. Cette disparition a beaucoup affecté le poète, qui reprit espoir grâce à ses enfants.
     Kabbani quitte alors Beyrouth. Il habite Genève, Paris puis vit à Londres ses 15 dernières années. C'est là qu'il meurt le 30 Avril 1998 d'une crise cardiaque. Il repose à Damas, comme il l'avait  souhaité. 
     Depuis ses débuts en 1944, Nizar Kabbani a publié plus de trente recueils de poèmes.
Ses textes ont été chantés par Feyrouz, Oum Kalsoum et d'autres. Il est le poète arabe le plus populaire et le plus lu.

Ouvrages publiés aux Éditions Arfuyen

Femmes

 

Petite Anthologie

Femmes
traduit par Mohammed Oudaimah

Poème inachevé pour définir l'amour

Quand j'ai fait route sur tes mers, ma reine
je ne regardais pas les cartes
je ne portais de canot ni de bouée
mais j'ai vogué vers ton feu comme un bouddha
et j'ai choisi mon destin
Mon bonheur était d'écrire à la craie
mon adresse sur le soleil
et sur tes seins de construire les ponts

*

Lorsque j'ai commencé de t'aimer
j'ai vu les cerises rouges de notre jardin
comme des boules de braise
les poissons apeurés par l'hameçon des enfants
affluer par millions sur nos plages et déposer leurs oeufs
J'ai vu les peupliers s'élever vers le ciel
le temps s'ouvrir
et Dieu revenir enfin sur la terre


Recherche d'un espace pour l'écriture

     Je porte le temps brûlé dans mes yeux et je voyage vers vous. Je porte Beyrouth, poème poignardé, sur la paume de ma main et je présente son corps à tous comme le témoignage d'une époque arabe qui fait profession d'assassiner les poèmes.
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