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Horror vacui

 Le poète italien Sinisgalli (1908-1981) avait pour prénom Leonardo et il paraît qu’il appréciait cette filiation avec le génie de la Renaissance, Léonard de Vinci avec lequel il présente – toutes proportions gardées – plusieurs analogies. En particulier le goût pour les sciences et les mathématiques. Sinisgalli était d’ailleurs ingénieur et a longtemps collaboré à de grandes sociétés comme Agip ou Olivetti.
 Ce très beau recueil est construit par fragments. Il rassemble des textes généralement très courts, de quelques lignes à une page, toujours sur-titrés et qui vont de l’aphorisme à la citation en passant par quelques réflexions conduites un peu plus longuement. On y trouve aussi des observations et des considérations sur la science, voire même l’écologie.
 Le texte qui m’a le plus retenue est constitué d’une trentaine de propositions, fortes, prenantes, sur la poésie. Or, le plus étonnant est que ces considérations ont été construites par substitution ! Je m’explique : Sinisgalli est parti d’un traité sur les cristaux et a remplacé mot pour mot « cristal » ou « cristaux » par « poésie ». Et cela est plus que convaincant ! L’excellent traducteur et présentateur d’Horror vacui, Jean-Yves Masson, précise que ce procédé appelé « transcription par substitution » était cher à Lautréamont.
 Je complèterai cette présentation en disant qu’une fois de plus c’est à France Culture que je dois cette belle découverte, à partir d’une émission de l’excellent "Poésie sur parole" consacrée à Sinisgalli et à laquelle au demeurant, participait Jean Yves Masson. J’y avais notamment entendu quelques-unes des trente propositions sur la poésie et cela m’avait suffisamment attirée pour que je me procure toutes affaires cessantes le présent Horror Vacui.