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Brèves

 

     Jacques Darras est Picard et, plus qu'aucun autre poète contemporain, il a fait de sa terre natale le personnage central de son œuvre. Car, lorsqu'on découvre la Maye, de l'un à l'autre des grands livres de poésie qu'il lui a consacrés, n'est-elle pas de fait bien plus qu'une rivière ? Ce vaste cycle est comme un roman, qui porte en lui à la fois l'histoire, le paysage, la société et jusqu'à l'économie, et la Maye en est le personnage central, et le miroir toujours changeant tout au long du récit. Cette fois encore, la Maye n'est pas tout à fait absente du tableau. Quelque part dans un coin, discrète comme doit l'être le portrait des donateurs. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un livre de poésie, et  la Maye ne peut être là, si l'on ose dire, qu'en « vedette américaine ». Mais elle est forcément là puisque l'on parle de Picardie. Puisqu'il s'agit du Voyage dans la couleur verte,... 

 

     Claude-Henry du Bord a publié en 2012 un roman inspiré de  l'extraordinaire aventure de Marcel Weinum et de ses camarades de la Main Noire. Il avait publié deux ans auparavant sous le titre Éloge du vivant l'ensemble de son œuvre poétique. Aujourd'hui paraît sous sa signature aux éditions Eyrolles une imposante anthologie de la littérature amoureuse. Thème assez classique, sans doute, où l'on pourrait s'attendre à trouver réunis pour la énième fois des textes de Louise Labé avec ceux d'Apollinaire, Éluard et Aragon. Claude-Henry du Bord n'ignore pas les risques qu'une inspiration aussi universelle que l'amour fait courir à qui prétend en constituer une anthologie : « D'un côté, le code de la passion sublime et poétique, les clichés du discours amoureux (et ceux de la séduction masculine) et leur efficacité supposée ; de l'autre, l'idiolecte de la passion ... 

 

     Le 16 décembre 2013 a eu lieu dans les salons du Centre National du Livre la remise à Claude Vigée du Grand Prix National de la Poésie, décerné par le ministère de la Culture et de la Communication. En 2012, c'était Anne Perrier qui avait reçu cette distinction des mains de Frédéric Mitterrand. À travers cette solennelle reconnaissance, c'est une œuvre essentielle de poète mais aussi d'essayiste et de traducteur qui se trouve distinguée. Mais c'est aussi l'ensemble de la littérature alsacienne  qui se trouve honorée et reconnue à travers l'une des grandes figures tutélaires de son renouveau, au lendemain de sa terrible annexion de fait par le régime nazi. Le numéro 5 de Peut-être, revue poétique et philosophique de l'Association des Amis de Claude Vigée éditée par les soins de l'infatigable Anne Mounic, également animatrice de la revue Temporel, a paru au même moment ... 

 

     La noble figure de Vladimir Pozner, né à Paris en 1905 d'une famille russe anti-tsariste et mort à Paris en 1992 après d'innombrables voyages et engagements, semblait aujourd'hui un peu oubliée. Comme si l'époque en était passé et si son œuvre n'avait plus rien à nous dire. Le magnifique hommage que la revue Europe rend ce mois-ci à l'auteur de Tolstoï est mort montre d'évidence qu'il n'en est rien. Pozner fut un témoin excceptionnel de son époque, il fut surtout, et demeure, un écrivain de fort tempérament. « Du Paris de son enfance, avant 1914, écrit Jean-Baptiste Para, à la Russie de la révolution et de la guerre civile, de la France du Front populaire à celle de la débâcle de 1940, de la solidarité avec l'Espagne républicaine au soutien apporté aux réfugiés antifascistes allemands, des années d'exil aux États-Unis ... 

 

     « Les vies s’effacent sans qu’on y puisse rien. Et ce qui les prolonge n’est qu’au prix d’une imposture bien pire que l’oubli. J’ai sous les yeux les lignes que traçait voici quelques siècles un garçon de bonne famille, chartreux défroqué retiré dans les solitudes du Haut-Pays. Il écrit à son ami Merswin, banquier à Strasbourg. Ses paroles ne sont que douceur et simplicité. Mais, à chaque inflexion de phrase, on sent qu’il a, en sa courte vie, fait l’expérience de ce qu’il est donné à peu d’hommes de connaître.»      
     Ainsi commence Le Livre des sources, premier roman de Gérard Pfister, sorti en librairie le 27 août. À titre de présentation, nous reproduisons ci-après le texte rédigé par l'Éditeur, Pierre-Guillaume de Roux, pour la quatrième de couverture. 
     « Le 15 septembre ... 

 

     C'est en 1980 qu'a paru aux Éditions Arfuyen L'autre chemin, de Charles Juliet, depuis lors régulièrement réédité aux mêmes éditions. L'année précédente avait paru le deuxième tome de son Journal. 34 années ont passé, durant lesquelles une relation s'est tissée, profonde et chaleureuse. Et voici qu'est publié le septième tome du Journal, qui couvre les années 1997 à 2003. Apaisement est son titre, qui marque bien le nouvel homme que lentement l'écriture a réussi à forger. Charles Juliet s'étonne à présent de celui qui a écrit les trois premiers volumes du Journal : sa tension extrême, ses répétitions obsessionnelles, son caractère péremptoire. « Pour ma défense, écrit-il, je dirai que je suis longtemps resté un adolescent. Passionné, en quêt e d'absolu, je vivais sous la dictature du ''tout ou rien'', ce qui ne me disposait ... 

 

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