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Guerres

 Voici maintenant des textes en prose de deux à quatre pages, pourvus d’un titre et faits de petits paragraphes séparés par un blanc et liés par le sens mais ayant une certaine autonomie stylistique. L’écriture d’Édith de La Héronnière est ferme et fine à la fois. On part de l’aspect de « guerre », de violence meurtrière qui est un des aspects de l’univers et seul y permet la fécondité : Polémos.
 De belles pages disent sans complaisance la cruauté de la vie pour les hommes, les bêtes, les plantes, ainsi que la beauté fragile qui en est issue, avec une vive et rare sensibilité à la souffrance animale. À partir de la p. 25, le propos s’infléchit ou il s’élargit à diverses sortes de difficultés (celle d’écrire, par exemple), diverses figures du malheur, mais sans contrepartie positive, tout en poursuivant par moments la tension initiale (la pierre et la sculpture, la coquille et le poussin) de façon un peu plus lâche.
 C’est un très petit livre, mais chaque texte est lourd d’expérience ou de compassion, et presque chacun est réussi. Dieu n’y est pas accusé, pas loué, mais on le dirait tenu en réserve.