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Grandeur de Dieu

Gerard Manley Hopkins, protestant devenu prêtre catholique, est un des auteurs majeurs de la littérature anglaise. Né dans l’Essex en 1844, ce contemporain de Mallarmé, laissa à sa mort (à l’âge de 45 ans) une cinquantaine de poèmes qui déroutèrent son entourage par leur langage nouveau et audacieux. Il fallut attendre 1918 pour qu’ils soient enfin publiés par le poète Robert Bridges.

En voici une édition bilingue qui présente 29 textes appartenant à toutes les époques de sa courte vie. « La première période, fervente, heureuse, baignée de nature », souligne Jean Mambrino, qui traduit et présente ici les oeuvres d’Hopkins. La deuxième, « celle de la maturation et des premiers doutes ». La troisième, « celle des dernières années traversées d’angoisse et d’agonie » 

Quel contraste, en effet, entre le poème « Grandeur de Dieu » (qui donne son titre au livre) et le terrible poème de la troisième période adressé à Dieu. Ici, en effet, l’émerveillement : « La nature n’est jamais épuisée / La plus tendre fraîcheur vit au fond des choses ». là, l’amertume et le désenchantement : « Pourquoi prospère la voie des méchants ? Et pourquoi s’achève en déception tout ce que j’entreprends ? ». 

Jean Mambrino n’a pas tort de parler d’un vrai « génie hopkinsien ». A lire, par exemple, des textes aussi épatants et profonds que « Hourras dans les moissons » ou « Magnificat de mai », on en est vite convaincu.