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Grains de blé

 « De Hans Urs von Balthasar qu’avais-je lu ? » La question de l’éditeur qui ouvre ce recueil d’aphorismes, n’est pas un reproche, mais plutôt une invitation, voire un encouragement. Oui, du courage, on en a besoin ! Aussi fascinant et profond soit-il, Hans Urs von Balthasar n’est pas un auteur facile d’accès.
 Séduit par les beaux titres comme L’amour seul est digne de loi, La vérité est symphonique ou encore La Foi du Christ, le lecteur ne tarde pas d’apercevoir une pensée puissante mais peu ordinaire qui lui échappe souvent et va bien au-delà de ses attentes. Que dire alors des nombreux volumes de sa Trilogie : La Gloire et la Croix, La Dramatique théologique et La Théologique, sans parler de toutes ses études patristiques et littéraires.
 Le présent ouvrage reprend les trois premières parties du recueil Das Weizenkorn (Johannes Verlag, Trèves, 1989) qui traitent du thème de Dieu, de l’homme et du départ. Les trois dernières parties, dont la traduction française est annoncée, parleront du Christ, de l’amour et de la vie.
 Ces aphorismes, personnels ou bien glanés au cours de nombreuses lectures, avaient sûrement de l’importance pour Balthasar. Celui-ci les compila tout au long de sa vie. Ils ne constituent certes ni le résumé de sa pensée ni le sommet littéraire de son oeuvre, ni les spéculations d’un clerc, mais ils sont « comme un journal intime » (p. i8), comme une constellation de quelques figures, dégagées de l’histoire (p. 74), d’où naîtra l’œuvre tout entière de cet homme de bonne volonté qui, comme le rappelle très justement l’éditeur, ne voulut jamais dans sa vie qu’une seule chose : « demeurer sans relâche à la disposition de Dieu ».
 Intéressant et nourrissant, l’ouvrage suscite pourtant quelques agacements chez le lecteur. Pourquoi l’éditeur n’a-t-il pas ajouté une table des matières ? Pourquoi n’a-t-il pas mieux soigné les notes en bas de page ?
 Ces quelques remarques de « cuisine » n’enlèvent rien à la richesse et à la profondeur des textes à méditer qui invitent l’homme à prendre conscience de la grâce abondante. S’ouvrir et demeurer disponible à la recevoir, c’est le chemin de la sainteté désigné par Balthasar.