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André GOZIER

(1930)


Dom André Gozier est né en 1930 à Paris. Il est depuis 1954 moine bénédictin à l’abbaye Notre-Dame-de-la-Source à Paris.
Il est l’auteur de trois ouvrages sur Henri Le Saux : Les yeux de lumière, écrits spirituels de Henri Le Saux/Swami Abhishiktananda, Centurion, 1979. Le Père Henri Le Saux à la rencontre de l’hindouisme, Centurion, 1989. Un éveilleur spirituel, Henri Le Saux, Soceval, 2004.
Il est également l’auteur de nombreux autres livres parmi lesquels on citera : Le mystère monastique. Une approche de Dieu (1977), Dieu-Source. Du Dieu caché au Dieu de la surabondance (1989), Le regard intérieur (1994), Prier 15 jours avec Maître Eckhart (2000), La Croix. Folie de Dieu (2005), Le Christ de François Mauriac (2005) et Célébration de l’ineffable (2006).

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Henri Le Saux, un moine chrétien à l’écoute des Upanishads

REVUE DE PRESSE

Henri Le Saux, un moine chrétien à l’écoute des Upanishads
Infos Yoga (10/01/2008), par Gilbert Gieseler

 L’auteur insère ce petit ouvrage dans le cadre du dialogue inter-religieux et, plus encore, inter monastique. Dès l’introduction les trois principes d’un tel dialogue sont posés : « rencontrer, connaître et comprendre ».
 
Henri Le Saux, (1910-1973) entre à 19 ans à l’Abbaye de Kergonan. Son histoire brossée à grands traits permet au lecteur de comprendre tout à la fois l’intérêt qu’il éprouve pour l’Inde et le cheminement qui l’amènera à la conscience de la « rencontre authentique, comme intériorité révélée et révélante ». C’est en 1948 qu’il débarque en Inde avec l’abbé Monchanin et qu’ils créeront ensemble l’ashram de Shantivanam, point de départ d’une longue quête et de nombreuses rencontres. Il connaîtra, nous dit l’auteur, « le drame de la coexistence en un même cœur, des Upanishads et de l’évangile ».
 Cet ouvrage sans prétention de la part d’André Gozier, se veut une entrée en matière, une ouverture sur l’indouisme, une invitation à lire ce texte philosophique, sacré et expression de l’expérience mystique. Pour cela, il se réfère aux aspects qui ont précisément retenu l’attention de celui qui, par son cheminement spirtuel, l’a tant fasciné, qu’il n’a jamais vu et avec lequel il n’a jamais parlé dit-il, mais qu’il a « rencontré ».
 Ainsi la vie spirituelle d’Henri Le Saux est une source d’enseignement et les Upanishads le support fécond de son cheminement. Ce petit livre nous montre, si c’était nécessaire, `que l’on peut apporter beaucoup en peu de pages.

Henri Le Saux , un moine chrétien à l’écoute des Upanishads
Lettre de Ligugé (31/12/1999), par Lucien-Jean Bord

 Tout le monde connaît l’histoire de ce moine initialement de l’Abbaye de Kergonan, parti en Inde pour tenter un rapprochement avec les courants spirituels de l’Hindouisme. Dom Gozier aborde là, le rapport de Le Saux avec l’enseignement des Upanishads.
 Le volume se subdivise en cinq parties : deux concernent Henri le Saux pour resituer son histoire personnelle et ces centres d’intérêt. Une autre pour parler des Upanishads si méconnues en Occident et supplantées en Orient par la voie de la dévotion (bakti), une troisième sur les Upanishads elles-mêmes et enfin une quatrième avec quelques passages puisés dans cet immense trésor accompagnés d’un bref commentaire de l’auteur. Quelques pages traitent de l’expérience propre d’Henri le Saux concernant les Upanishads en des circonstances bien précises.
 La conviction du Père André Gozier qu’il y a là une expérience de toute première importance pour le devenir de la foi chrétienne en Asie et pour l’approfondissement de l’expérience spirituelle apparaît à toutes les pages. Chaque lecteur trouvera ici le moyen de juger ce qu’il en est et d’en tirer profit.

Henri Le Saux, un moine chrétien à l’écoute des Upanishads
Nouvelle Revue Théologique (04/01/2010), par P. Detienne sj

 L’Auteur, moine bénédictin, évoque ici sa « rencontre » avec son confrère aîné, Henri Le Saux (1910-1973), dont il n’a jamais croisé le chemin, mais à qui il a consacré plusieurs ouvrages. Il le présente comme un précurseur du dialogue hindou-chrétien et un familier des Upanishads, quintessence de la sagesse hindoue.
 Il propose ensuite un florilège de textes extraits de chacune des dix grandes Upanisbads, qui ont révélé le « Tu es Cela » au sannyâsî chrétien : le soi (àtman) reconnaît expérimentalement son identité à l’Absolu (Brahman) : « Qui connaît Brahman devient Brahman » (Mundaka Up.) ; « L’homme sage voit tous les êtres dans le Soi, et le Soi dans tous les êtres » (Isha Up.).
 Tout en exaltant la profondeur de l’aventure spirituelle de Le Saux, l’Auteur en épingle quelques limites, inhérentes à son travail de pionnier dont lui-même était conscient, et que ses successeurs sont invités à dépasser. Sa connaissance du sanscrit et du tamoul est insuffisante : il cite trop librement les textes. Son étude souffre d’un manque de méthode : elle ne prend pas en compte l’évolution des Upanishads ; elle néglige le courant de la bhakti. Le Saux n’a pas toujours évité le piège du concordisme : dans sa lecture chrétienne des Upanishads, en fonction desquelles il interprète son expérience mystique, il hasarde des rapprochements trop optimistes. Ce qui n’enlève rien à son entreprise de précurseur, héroïquement solitaire.

Henri Le Saux, un moine chrétien à l’écoute des Upanishads
Esprit et Vie (07/01/2010), par Cécile Rastoin

 Dom André Gozier rend ici hommage au cheminement spirituel d’un bénédictin qu’il n’a pas personnellement connu mais qui a l’accompagné de ses premières années de vie monastique jusqu’à maintenant : Henri Le Saux vivait son immersion en milieu hindou, se plongeant dans les Upanishads, devenant Swami Abhishiktananda, « un pionnier du dialogue interreligieux ».  Nulle présentation ici de sa vie ou de sa synthèse « théologique » mais une présentation des passages des Upanishads qui ont le plus inspiré ce bénédictin atypique. La démarche est heureuse pour proposer à un grand nombre une première approche des plus grands et anciens textes, parfois cryptiques, de l’expérience religieuse de l’humanité. Ne sont pas abordés ici les problèmes immenses de traduction. Évidemment, il ne s’agit pas d’une analyse de l’herméneutique des textes ; Le Saux en fait spontanément une lecture chrétienne (voir p. 104). La conclusion cite un connaisseur de l’Inde disant que l’abbé Jules Monchanin a vu plus juste que Le Saux (p. 101).
 Mais tout lecteur pourra avantageusement, s’il ne les connaît déjà, se confronter à un des sommets de l’expérience humaine. Ne citons ici que deux courtes sentences extraites de la Mundaka Upaniskad : « Nous sommes la flèche, l’arc, l’archer tout à la fois. » « OM est l’arc, l’âme est la flèche. Brahman est le but. Il faut le percer à coup sûr. Et s’y unir comme la flèche à la cible. » (MU II, 2, 4, cité p. 80. NB : une autre traduction, celle de M. Buttex, est plus subtile : « Om est l’arc ; l’âme est la flèche ; et Brahman est la cible. Il ne peut être atteint que par un viseur infaillible. Pour cela, on doit devenir un avec lui, la cible, tout en devenant la flèche. »)
 Il y a de quoi méditer, pour peut-être se plonger ensuite dans l’Introduction aux Vedas, une petite synthèse écrite par Raimon Panikkar (Actes Sud, 2003), et reconnue comme juste par les hindous, qui permet d’aller un peu plus loin dans le mystère de l’Inde... On y trouvera des morceaux choisis de ces textes difficiles et foisonnants que sont les Upanishads, dont cette perle dans Maitri Upanishad VI, 24, qui fait écho à la précédente citation : « Le corps est l’arc, la syllabe OM est la flèche, l’esprit sa pointe, la ténèbre est le but. En perforant les ténèbres, on rejoint ce qui n’est pas enveloppé de ténèbres. En perforant ce qui est enveloppé de ténèbres, on contemple le brahman... »