Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Fumées

 Les Éditions Arfuyen viennent de publier dans leur collection des textes japonais Fumées, de Takuboku. Ce poète est né en 1885 et mort en 1912, dans sa 27° année.
 Ce qu’il écrit dans Fumées, sous forme de poèmes très courts, est bouleversant. À la fois à cause d’une poignante mélancolie et d’une simplicité somptueuse. Il dit la souffrance du souvenir, de l’exil aussi bien spatial que temporal, la douleur des bonheurs manqués au jour le jour par distraction, le gâchis des chances inégalement accordées aux êtres, la fugacité du bonheur, l’émotion du retour au pays et l’inadéquation soudaine de ce que l’on ressent, la guerre et la mort loin du village, l’irréparable altération apportée par le temps qui passe. C’est hurlant de beauté.
 Est-ce à cause de la précocité de la mort de Takuboku, de la sourde prémonition qu’il en a dans ce qu’il écrit ? Merveilleusement des correspondances se tissent entre Fumées et Jonas, de Jean-Paul de Dadelsen, l’un des plus grands poètes de i ce siècle, mort dans l’exercice de i son œuvre très jeune lui aussi.
  « Derrière la bibliothèque de l’école, en automne, apparaissaient des fleurs jaunes dont j’ignore encore le nom » ; « Lui qui m’avait conseillé les teuvres de Su Feng, trop pauvre, dut quitter notre école » […] « Je me suis tourné vers la montagne, sans un mot ; les montagnes du pays sont admirables ».