Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

François Libermann et la « douce et amoureuse présence de Dieu »

  « Faites-vous nègres avec les nègres. » C’est en ces termes que François Libermann, fondateur de la Société du Saint-Cœur de Marie, invitait en 1847 ses missionnaires à se comporter sur le sol africain. C’est que, comme le souligne le P. Paul Coulon, spiritain, « le missionnaire ne convertit pas, il n’a même pas à se soucier des résultats : il a à être au milieu des hommes comme le Christ » (p. 19). Le présent Petit traité de la vie intérieure est tiré des Écrits spirituels de François Libermann publiés en 1891 par la Congrégation du Saint-Esprit avec laquelle la Société du Saint-Cœur de Marie avait fusionné en 1848. 
 Ce texte a pour origine le désir de répondre à l’attente d’un jeune séminariste, Eugène Dupont (1821-1900), entré en relation en 1840 avec François Libermann. Le lecteur d’aujourd’hui du Petit traité de la vie intérieure découvre que la pratique de la vie intérieure « consiste en une douce et amoureuse présence de Dieu » (p. 29). Les effets de la vie intérieure, les biens qui en résultent et les vertus qui lui sont propres, ainsi que les moyens de l’acquérir, de la nourrir et de l’augmenter, se révèlent à lui dans une simplicité de langage lui faisant comprendre que « l’esprit doit s’abaisser et le cœur doit être grand sous l’influence de la grâce divine » (p. 41). L’âme intérieure ne doit-elle pas tendre « en toutes ses œuvres à faire mourir sa vie naturelle, pour faire vivre et régner Jésus Christ en elle » (p. 28) ? Des lettres de François Libermann à Eugène Dupont accompagnent utilement la lecture du Petit traité de la vie intérieure. On appréciera les commentaires du P. Paul Coulon lus comme une invitation à (re)découvrir une grande figure de la spiritualité chrétienne du XIXe siècle.
 Déclaré Vénérable par l’Église en 1910, François Libermann figure au catalogue hagiographique de la bibliothèque diocésaine Jean Gerson. Le livre de Mgr Jean Gay (1901-1977), François Libermann. Les chemins de la paix (1974), est, entre autres titres, conseillé.