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Julius FIRMICUS MATERNUS

(? - ?)

 Né à Syracuse, au IVe siècle, Firmicus Maternus est un écrivain latin dont nous savons bien peu de choses. Nous ne pouvons nous en rapporter qu’aux éléments qu’il nous donne lui-même dans l’ouvrage intitulé Mathèsis ou Instruction.
 Il vécut en Sicile, sous les règnes de Constantin et de Constance II. Il fut sénateur, mais on le voit libre de toute charge dès le temps où il se met à composer la Mathèsis, entre 334 et 337. Il est alors encore certainement païen.
 Mais dans les dix années qui suivent, il se convertit au christianisme, et son ouvrage polémique Sur les erreurs des religions profanes le montre chrétien résolu, imbu d’une ardeur farouche et d’un esprit de revanche qui attristent chez un disciple de l’Évangile.
 Nous ignorons la date de sa mort comme celle de sa naissance.
 Dédiée à un grand personnage, G. Flavius Maesius Egnatius Lollianus (Mavortius est un surnom), la Mathèsis est une introduction à l’astrologie qui mène des premiers éléments aux mystères de la « Sphère barbare ».

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Trois dévots païens

Trois dévots païens

Trois dévots païens

PETITE ANTHOLOGIE

Firmicus Maternus
Mathèsis

 Prière au Dieu Suprême

 Qui que tu sois, ô Dieu qui, chaque jour, fais que le ciel poursuit sa course d’un même élan rapide,
 qui prolonges indéfiniment le mouvement des flots agités de la mer,
 qui as consolidé la terre en lui donnant un fondement inébranlable,
 qui, par le sommeil nocturne, restaures les corps accablés des êtres de la terre,
 qui, de nouveau, quand on a recouvré sa force, rends le bienfait infiniment doux de la lumière,
 qui soutiens la fragilité du corps en y insufflant un esprit divin,
 qui vivifies toute la substance de ton ouvrage grâce à l’haleine salutaire des vents,
 qui fais couler les eaux des sources et des fleuves en vertu d’une nécessité que rien ne lasse,
 qui ramènes le cours divers des saisons par la marche fixe des jours,

 

 seul Gouverneur, seul Chef de toutes choses, seul Maître suprême et Seigneur,
 devant qui plie tout entière la souveraineté des puissances divines, de qui le vouloir est la propre subsistance d’une ouvre parfaite,
 dont les lois incorruptibles sont suivies par la nature qui, en vertu de cette obéissance, a conféré à tous les êtres une force de perpétuité,

 Toi, père et mère ensemble de toutes choses, toi qui, par une seule et même alliance, es pour toi tout à la fois père et fils,
 nous tendons vers toi nos mains suppliantes, nous t’adorons par l’hommage craintif de nos prières solennelles. (...)

 Vous aussi, étoiles à la course éternelle, Lune, mère des corps humains,
 
 et toi, ô prince de tous les astres, qui, chaque mois, enlèves et rends à la Lune sa lumière, Soleil souverainement bon, souverainement grand, qui, chaque jour, par la conduite bien réglée de ton pouvoir suprême, ne cesses de faire succéder création à création, grâce à qui, par une divine disposition, tous les êtres vivants reçoivent en partage une âme immortelle, qui seul ouvres les portes du séjour d’en haut, qui gouvernes à ton gré l’ordre des destinées

 pardonne, si mon discours chétif a pénétré les arcanes de ta puissance souveraine. Ce n’est pas un désir sacrilège ou l’ardeur d’une curiosité profane qui m’a poussé à cette étude, mais mon esprit, sous l’influence d’une céleste inspiration, a tenté d’exposer tout ce qu’il avait appris, pour porter jusqu’aux temples de la roche Tarpéienne tout ce que les divins Anciens ont découvert dans les chambres secrètes des sanctuaires de l’Égypte.

 Donnez-moi donc l’assistance de votre décret, et fortifiez par votre majesté mon esprit qui hésite et tremble, de peur que, privé du secours de votre divine puissance, je manque à trouver l’ordonnance de l’ouvrage que j’ai promis.