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Fenêtre sur cour, juillet 2011

[…] Je retiens également l’oratorio Le grand silence de Gérard Pfister, paru aux éditions Arfuyen dont il est depuis 1975, en Alsace, le remarquable acteur et concepteur. Européen convaincu, créateur à Strasbourg de récompenses pour les grandes voix de l’Europe (récemment Kiki Dimoula, Tony Harrison etc...)

Gérard Pfister trace sa poésie aux frontières du dialecte alsacien et de la mystique rhénane. Peut-être trouvera-t-on notre raccourci un peu brutal mais l’important à dire est que sa poésie, composée dans ce recueil de vers très courts groupés par deux, à raison de 9 couples par page, acquiert une dynamique nouvelle qui la met sur le chemin d’une prose pour ainsi dire verticale, dépourvue de ponctuation et différée à l’infini par les respirations du blanc.

Neuf chapitres divisent cette méditation de 131 pages sur la généalogie et la mort : « ils sont là tous là / mes morts // les yeux / grands ouverts // ouverts / tellement // ils n’ont plus / de nom // ils n’ont plus / de voix // et ils me portent / comme un grand arbre »