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Fénelon et la querelle sur le quiétisme : vertus de la passivité

Ce texte de Fénelon est l’une des pièces importantes de la querelle sur le quiétisme qui enflamma les esprits dans les toutes dernières années du XVII° siècle.

Après la révocation de l’Édit de Nantes et sous l’influence de Madame Guyon, l’archevêque de Cambrai (à partir de 1695) professe une foi et une mystique qui irritent à la fois les autorités religieuses, Bossuet en tête, et les politiques.

En 1694, il rédige un texte intitulé Le Gnostique de saint Clément d’Alexandrie. Sous ce titre peu explicite pour les lecteurs d’aujourd’hui et que l’éditeur a choisi de ne pas reprendre, Fénelon pensait remonter aux sources même du christianisme. Il établit ainsi une généalogie de ce « gnostique » qui, selon Clément d’Alexandrie, Athénien du II° siècle né dans le paganisme, « paraît avoir une grande conformité avec l’homme spirituel de saint Paul ».
 

Le gnostique est donc le modèle accompli de cet homme de foi qui se met dans un état de pure oraison passive et d’« entière souplesse à toutes les volontés que Dieu imprime ». Fénelon poursuit : « Sa contemplation est infuse et passive, car elle attire le gnostique com¬me l’aimant attire le fer, ou l’ancre le vaisseau : elle le contraint, elle le violente pour de bon ; il ne l’est plus par choix mais par nécessité. » 

L’autorité de Madame Guyon est évidemment prépondérante dans ce texte vif et subtil, polémique aussi à l’égard des « docteurs » qui voudraient ne voir dans cette conception de la mystique que des « exagérations mises au hasard ».

Le « gnostique », selon Fénelon, est « dans l’état apostolique, et suppléant à l’absence des apôtres, non seulement il enseigne à ses disciples les profondeurs des Écritures, mais encore il transporte les montagnes et aplanit les vallées du prochain. » C’est dire la vocation à laquelle il est appelé !