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Drago JANČAR

Éthiopiques et autres nouvelles

PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE 2011
Traduit du slovène
par Andrée Lück-Gaye
Préface de Jaroslav Skrušný

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°197, ISBN 9782845901681

13 €

Après Antonio Gamoneda (Espagne, 2005), Bo Carpelan (Finlande, 2006), Tadeusz Rozewicz (Pologne, 2007) et Tankred Dorst (Allemagne, 2008), Kiki Dimoula (Grèce, 2009) et Tony Harrison (Grande-Bretagne, 2010), c’est Drago Jancar (Slovénie) qui a été proclamé le 12 novembre dernier à Strasbourg lauréat du Prix Européen de Littérature 2011. Ce prix lui a été attribué pour l’ensemble de son œuvre, sans aucun doute la plus importante de la Slovénie d’aujourd’hui, et cela à l’occasion du 20e anniversaire de l’indépendance de la Slovénie (1991), à laquelle il a activement contribué.

La remise du Prix Européen de Littérature 2011 aura lieu à l’Hôtel de Ville de Strasbourg le samedi 24 mars 2012 dans le cadre du festival TRADUIRE L’EUROPE – 7es Rencontres Européennes de Littérature, organisé en association avec la Ville, les Médiathèques et l’Université de Strasbourg. À cette occasion un ensemble de manifestations seront organisées en l’honneur de Jan ?ar, de la littérature de langue slovène, et particulièrement du grand écrivain de Trieste Boris Pahor, auteur de Pèlerin parmi les ombres, né en 1913 et survivant des camps du Struthof (Alsace), Dachau, Dora et Bergen Belsen.

Traduit dans plus de vingt langues, Jan ?ar est aussi réputé pour ses romans et ses nouvelles que pour son théâtre. Il a aussi publié des essais parmi lesquels L’âme de l’Europe (2006). Plusieurs de ses textes ont été traduits en français : L’Élève de Joyce, nouvelles (L’Esprit des Péninsules, 2003) ; Nouvelles slovènes (Autres Temps, 1996) ; La Grande valse brillante, théâtre (l’Espace d’un instant, 2007) ; Aurore boréale, roman, (L’Esprit des Péninsules, 2005) ; Katarina, le paon et le jésuite, roman (Passage du Nord-Ouest, 2009) ; Des bruits dans la tête, roman (Passage du Nord-Ouest, 2011).

« Sismologue d’une histoire chaotique », il analyse avec la même lucidité les stigmates de la période communiste que les dérives de la société capitaliste. Dans son roman Désir moqueur, publié en 1996, il montre comment son personnage, Gregor Gradnik, un enseignant slovène qu’il accompagne en voyage d’études aux États-Unis, se révèle incapable, malgré tous ses efforts, de s’adapter à la culture américaine. Cet échec symbolise celui de la réunification du monde après la chute du Rideau de fer, qui s’est réalisée au niveau des institutions en laissant les peuples de côté.

Partant d’une analyse très critique du monde contemporain, Jan ?ar choisit le plus souvent pour personnages des êtres marginalisés et écrasés par la société et pour lieux des espaces clos tels que prisons, casernes ou hôpitaux psychiatriques. Face à ces situations dramatiques, Jan ?ar se garde pourtant de verser dans une attitude de compassion ou de protestation. Bien au contraire, la distance et l’ironie constituent la marque de son style : « Jan ?ar écrit des histoires puissantes et complexes avec une assurance dépourvue de toute ostentation. Il possède une sobriété qui, par comparaison, fait paraître vains les artifices d’écrivains prétendument modernes » (Times Literary Supplement, avril 2007).

Le présent ouvrage rassemble six nouvelles inédites en français : Éthiopiques, la répétition – Prophétie – Mesures pour développer la puissance créatrice de l’homme – Les deux rêveurs – Son ange ne l’a pas abandonné – L’homme qui regardait dans le gouffre.